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Témoignage d'un ex témoin de Jéhovah (de 0 à 22 ans) autiste Asperger devenu artiste
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20 novembre 2017

Zoé (Première partie) - 2009

Suis-je un pervers ?

Peut-être dans le sens où je suis un artiste et où je dois assumer mon inspiration combien même « diabolique ». L’essentiel c’est l’opération de contrôle sur soi, je veux dire du moi par le Soi. Qui passe par l’observation. J’observe. Mon corps est tranquille, juste un peu excité, un peu comme sous l’adrénaline de la Muse… Tout va bien. C’est juste que je me fais peur, et qu’en me faisant peur, je fais un peu peur…

En vérité, je me sens responsable. Responsable de mon amie et de moi. Notre confiance mutuelle est en jeu. C’est une épreuve qui sous le signe de la Rose nous invite à suivre la sagesse du E. E comme Enfant. Accepter le jeu de la vie avec un cœur d’enfant et sérieux : l’ enfant joue sérieusement avec toute son ATTENTION, Sa concentration.

Je ne saurais trop conseiller mon âmie (oui, je tiens à la faute qui n’en est pas une si on y pense sous un certain angle) je ne saurais trop conseiller à mon âmie qu’il me plaît d’appeler Eléonore de relire sept fois ce premier chapitre jusqu’à l’étoile, et cela fait de le garder bien à l’esprit pendant la lecture de tout ce qui va suivre . Par cet acte, je la tiens comme autant responsable que moi , qui me veut humble serviteur de Lumière. C’est en saignant qu’on devient enseignant.*

Et vous lecteur, que je vouvoierais bien que je vous ouvre une porte sur mon intimité, je vous tiens pour autant responsable que je le suis vis à vis de vous qui j’espère ne lâchera pas le fil de ce livre labyrinthique (là, ma chère Eléonore, j’avoue que je dis ça un peu à la légère et je ne voudrais pas te décevoir toi la férue et grande connaisseuse des labyrinthes), le fil qu’en vérité je tiens en main, en plume, et même quand vous penserez pouvoir vous relâcher un peu, faites attention de ne pas lâcher le fil, c’est si vite arrivé. Rappelez-vous tout de même que vous ne plongez pas dans une aventure anodine. Soyez enfin attentif à ce qui se passe dans votre être à tous les niveaux : corps, esprit, cœur, âme…

 

2

 

Je vous donne, lecteur, (à l’exception au moins de ma plus grande lectrice : Eléonore, qui la possède déjà) une clé mythologique et pragmatique : le fil d’Ariane. Pour beaucoup ce ne sera juste un rappel.

ARIANE : MYTH. GR.. Fille de Minos et de Pasiphaé. Elle donna à Thésée, venu de Crète pour combattre le Minotaure, le fil à l’aide duquel il put sortir du labyrinthe après avoir tué le monstre. Thésée l’enleva, puis l’abandonna dans l’île de Naxos.

Fil d’Ariane :fil conducteur (par allusion au fil que donna Ariane à Thésée pour se diriger dans le Labyrinthe.)

Fil d’Ariane ou fil conducteur : moyen par le quel on arrive sans se perdre à un résultat.

 

Cela devrait plaire à la fois aux amoureux des livres de Bernard Weber que j’ai somme toute peu fréquenté à ce jour, et aux feignasses du dictionnaire. Mais je ne vous exempterai d’aucun effort. Je vous laisse entre vos mains une réflexion tirée de ces définitions.

 

On peut arriver à un résultat sans se perdre. Par quel moyen ? Par le fil d’Ariane.

Mais qu’est-ce ?

Je pense que si « fil d’Ariane » signifie « fil conducteur », il s’en suit logiquement qu’Ariane n’en est pas la conductrice, mais la créatrice, et que le «  fil conducteur » est un don d’Ariane. Mais il faut aussi qu’elle en fut le propriétaire, que ce fil conducteur corresponde à une propriété d’Ariane, qu’elle en constitue l’Essence, essence qui donne un sens, ou les sens... Le fil d’Ariane serait donc l’Essence première ou originelle, une puissance créatrice, invisible, une puissance supérieure, et se constituerait ou agirait comme guide. Si je suis Thésée (« Je est un autre », nous sommes tous des Thésée dans un labyrinthe), alors Ariane est ce qu’on appelle par commodité « Dieu » .

Est-ce à dire que je suis Dieu ? Je vous dirai seulement que je ne suis pas catholique, pas plus qu’un adepte de l’arianisme. Tiens-donc ? Qu’est-ce ? Pour le savoir, il va falloir le demander à Monsieur Larousse ou Madame Robert à votre convenance.

Ceci était une longue parenthèse, j’y met un terme pour vous accueillir au sein du chapitre suivant dont celui-ci en était disons le seuil.

 

3

 

Dois-je pour ce que je veux exprimer adopter le ton grave, confidentiel à la Maupassant, Tourgueniev, Henry James ou encore à la Stefan Zweig ?

Chez les trois premiers, on trouve des « tours de table » dans lesquels une histoire est demandé et dont l’auteur rapporte bien sûr délicieusement la plus remarquable qui devient du coup bien sûr la sienne. Subtil, non ?

Lisez La Peur conte « crépusculaire » sur pont de bateau avant la lettre : Amok de Stefan Zweig. Lisez les deux. Poursuivez par Premier Amour ou peut-être mieux côté fantastique par Toc-Toc-Toc de Ivan Tourgueniev, une de ces histoires dont son ami et admirateur Maupassant (tandis que Mérimée, l’auteur de La Vénus d’Ylle était le traducteur) disait qu’on haletait en la lisant, et je puis vous dire d’après mon expérience que c’est véridique, et ceci dit en passant, toujours à propos du « tonton Tourgueniev », le russe occidental à la face de père Noël taciturne, il était d’après le témoignage de Guy de Maupassant un excellent conteur – oui «  quel que fût cependant son pouvoir d’écrivain, c’est en racontant, de sa voix un peu épaisse et hésitante, qu’il donnait à l’âme la plus forte émotion. » Vous retrouverez ce fort témoignage comprenant un émouvant récit dans Le Gaulois du 7 octobre 1883 intégralement cité dans le livre de poche  Le Horla et autres récits fantastiques  des éditions Presses Pocket (Le Horla ! le Hors-la-Loi ! voilà un incontournable frisson… un de mes premiers en matière de littérature.). Mais achevez par Le Tour d’écrou d’Henry James qui commence par le plus beau sans doute « tour de table » de toute la littérature. Et comme on reste dans le fantastique quoique plus subtil, plus pernicieux que la recette de grand-mère du début ne le laisse penser et qui augurait bien oui, justement, le conte de grand-mère Conte de Noël de Maupassant, citons le début de celui-ci :

 

« Le Docteur Bonenfant cherchait dans sa mémoire, répétant à mi-voix : « Un souvenir de noël ? »

Et tout à coup il s’écria :

Mais si, j’en ai un, et bien étrange encore. C’est une histoire fantastique. J’ai vu un miracle ! oui, Mesdames, un miracle la nuit de Noël. (Là, tout doux, ce n’est pas la peine de crier : « Mais Noël est un miracle ! », il ne vous entend pas)

Cela vous étonne de m’entendre parler ainsi, moi qui ne crois guère à rien (sauf au père Noël manifestement) Et pourtant j’ai vu un miracle ! Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux. Vu, ce qui s’appelle vu (c’est là le moment d’incliner la tête et de dire « Vu… »)

Bah, dites-donc ! Dire que je pourrais en un trois quart de tour embobiner le lecteur (la lectrice) par un artifice littéraire de ce type. Personne à part les critiques et les littérateurs ne s’en rendraient compte et m’en tiendrait grief, surtout. C’est tout bête, dites-vous, et ça marche. La preuve, c’est que même en ayant fait de mon mieux pour casser la machine je mettrais, allez, mon pain à couper que vous avez envie de savoir la suite quitte à décrocher votre main de mon « satané » bouquin. Eh, oui, ça marche. Tenez, comme ce « ton  catastrophe » dans Lui du même « satané » auteur.

« Mon Dieu ! Mon Dieu ! (pourquoi m’as tu abandonné ?) Je vais donc écrire enfin ce qui m’est arrivé ! Mais le pourrais-je (O Juliette), l’oserais-je ? Cela est si bizarre (- plus bizarre que ton Roméo ?), si inexplicable, si incompréhensible, si fou ! (Et si il commençait ?).

Vous, voyez, même là - j’y ai été fort jusqu’à friser le ridicule – mais rien n’y fait vous laissez tomber mon livre par terre, comme si vous ne le teniez même pas pour accourir à votre bibliothèque sinon à la municipale et décrocher le gros lot. Avouons que comme entrée en matière, mise en haleine, c’est d’une redoutable efficacité.

Non, je n’adopterai ni la recette du tour de table qui aurait été par trop facile, ni le ton confidentiel – et surtout pas « castrastophe » de ces auteurs contaminant chez lesquels je reconnais le plus grand talent de prestidigitateur (quel mot compliqué pour suggéré la rapidité des doigts…), du moins je me détacherai au mieux de leur ombre.

Il est quatre…

 

 

 

 

 

 

 

4

 

Il est quatre heures et demi du matin. Cela fait une heure que j’écris, que j’ai eu l’idée après m’être soulagé la vessie (vous comprenez mieux la nécessité de la clôture du chapitre 3 et de l’ouverture du quatrième), de prendre mon carnet vert dont l’image de couverture représente un cochon haut comme la porte demandant à vue d’œil à l’homme costumé surpris, mais pas au point de lâcher sa coupe de champagne, de bien vouloir lui donner la permission d’entrer dans sa chambre d’hôtel : il se pourrait bien d’après ses longs cils sur de profonds yeux bleus amoureux qu’il s’agisse en fait de sa dame légèrement transformée, la cochonne… et mon stylo, oui prendre aussi ma plume afin de coucher par écrit quelque chose qui me tient à cœur de partager.

C’est parce que la question du style à prendre, et celle de l’artifice littéraire à utiliser s’est posé à mopi… (coquille !), à moi, que vous avez pu lire cette laborieuse entrée en matière.

 

Oui, c’est ça, entrons dans la matière…

 

5

 

Je commencerais par un fait précédé d’un indicatif temporaire, ou temporaire, comme vous voudrez.

Hier, vers 22h, j’ai écrit un mail à une amie (si vous vous fixez un temps soit peu sur le mot « mail » et que vous repensez à Maupassant et compagnie, vous pouvez être rassuré quant à mes inquiétudes exprimées) – ce mail, curieusement, j’en ai supprimé la deuxième moitié. Supprimé du mail, oui, mais pas supprimé de la mémoire de mon ordinateur. J’ai fait un copié-collé.

Mesurez-vous la distance avec ce que je disais il y a cinq minutes ou plus ?

Enfin, je vous donne à lire texto ce que j’ai envoyé à mon amie. Du coup, ça devient un message public. J’assume.

Mais si j’ai effacé une partie du message, me direz-vous, c’est que j’en assumai pas son contenu.

Bien vu. Je l’admets. Il est parfois plus facile de lâcher un morceau en  « public »  qu’en privé. C’est ce que nous permet généralement l’expression artistique sous toutes ses formes, mais l’écriture en ai le fleuron sans doute, compte tenu qu’elle utilise les mots que nous utilisons tous les jours pour communiquer mais d’une autre manière, de la manière sublimée qui caractérise l’art. L’Art est un moyen. A quelle fin ?

Voici sans plus faire attendre ce message daté du 26 août 2008:

 

6

 

Chère Eléonore, (eh ! oui, c’est bien elle, ma chère « âmie »)

 

 

Je te remercie vraiment pour tout, je remercie la vie. Le linge sent très bon. J'ai beaucoup apprécié le temps passé ensemble. Tu as eu raison de noter dans un précédent message l'écart qui existe entre ce que j'ose exprimer par écrit et oralement. Genre, tu vois... Ma dimension pudique faut croire! Je fais pas mal de la provoc, tu l'as vu dans mon dernier état de "Le compulseur"... Que dire lorsque ça touche à du très intime: Si je me laissais aller, je te dirais comme ça sans tambour ni trompette "Ah! vive la branlette!" ou "J'manque pas d'occasions de baiser...".

 

Ah là ça devient intéressant pour certains, moins pour d’autres. « Fallait bien qu’on en vienne à la baise ».

 

Mettez-vous maintenant une seconde à la place de mon amie lisant ceci. Que se dit-elle ? « Où veut-il en venir ? » Est-ce si difficile à dire qu’il utilise une voie de traverse pour l’exprimer ? Les voies de l’artiste sont impénétrables. J’aurais pu dire aussi « la voix » ou « les voix » tant il y a quelque chose de l’inspiré, du révélé qui échappe au commun des mortels. Mais la question du « pourquoi » effleure moins ses lèvres que les vôtres – une seule, je le sais, l’intéresse : le « comment ». le comment il va s’en sortir… Je sais combien elle a confiance en moi. Et moi, manquerai-je donc de confiance en elle ? Je veux dire en moi ? J’éluderai (et non éluciderai) la question pour le moment en sortant le joker qui me sourit toujours : l’alibi artistique.

Entre mon âmie et moi, vous ne pouvez pas imaginer le lien d’âme qui s’est tissé depuis moins d’un an (mon carnet vert porte la marque en vert du commencement:

 

Jeudi 4 octobre

Une Révélation !

 

C’est bien ouf, quand même…

Mais c’est beau.

Hein les vaches ? 

 

(oui, j’ai composé ça dans ma tête en vélo, et comme j’habite en campagne, il y avait des chances pour que je croise le regard des vaches)

Bref, s’il existe un mot plus fort qu’incroyable, écrivez moi (c’est sans doute celui-là qui me manque, cela dit, pour l’adresse – ce n’était rien qu’un vilain tour d’adresse – ce n’est pas la peine de me la demander).

La plus « incroyablée » ou la plus criblée d’incroyable, c’est je crois Eléonore mon âmie. Elle qui s’est toujours présenté à moi comme « folle », « frappée » (un ancien voisin mystique, me disait, lui « Plus barré que moi, tu ne trouveras pas » – c’est Eléonore qui rigolera en lisant ça !). En fait, elle ne le sera jamais plus que ce que cette chose folle que la vie nous a réservé. Rassurons-nous au moins sur un point : N’importe quelle créature sera toujours moins folle que la Vie elle-même.

 

7

 

Imaginez : la terre entière est un HP.

 

8

 

Il est 5H31. Je vais me recoucher (vous voyez que je suis un lent à accoucher – si vous n’appréciez guère les jeux de mots vous êtes ne l’oubliez pas « en présence » de Monsieur Jeudemo, et donc…).

Je pense à une nouvelle de Villiers de L’Isle Adam intitulée La Torture par l’espérance genre pas du tout sympa, c’est pas Ariane, non, non.

J’espère dormir et je ne dors pas.

 

 

9

 

Et ma chère âmie, qu’espère t-elle ?

Je me suis levé exprès pour noter ça.

 

 

10

 

Là j’ai encore une envie… Oui, après m’être bbbbbbbbbbb… (holé !), j’ai envie de faire pipi.

 

11

 

Je vais laisser un peu en plan (quoique je n’ai guère fais de plan), faisant une entière confiance au processus créatif et à la Vie sur ces « sentiers qui bifurquent » comme dirait Jorge (Borges).

 

12

 

Question avisée : pourquoi aller par quatre chemins quand l’urine en a qu’un seul ? Ce même voisin genre mystique un peu moustique sur les bords me disait : « Faut pas tortiller du cul pour chier droit ». Je prenais cette pensée comme parole d’Evangile selon Saint Jean le Baptiste (il marchait toujours pied nus et buvait de l’hydromel de sauterelles), jusqu’au jour où après m’avoir bien pompé (bien qu’avec du recul je dois avoué qu’il m’a rendu service – Ah ! c’est drôle de penser que je voulais en faire un roman de cette expérience très spé… ou spi ?), j’ai fait le constat que sa cervelle ne chiait, elle, pas droit, et pour cause, ça se tortillait la-haut mine de rien ! ( et c’est lui qui disait, allez comprendre : « J’aime l’ordinateur, car il est droit, mais j’aime pas Internet : c’est tordu. »).

Ma mère, quant à elle (je l’aime, malgré ce que vous pourrez croire d’après ce que je vais en dire), m’a soufflé un jour : « Tout fantasme n’est pas bon à dire ». J’avoue que je l’aurais davantage cru si elle m’avait dit une fois « je t’aime » dans un état d’amour inconditionnel (ceci dit, elle mérite qu’on lui fasse chapeau bas).

Une fois, un de mes frères m’avait fait une grosse morale accompagné d’un « faisage » de gueule durant trois mois parce qu’en plus d’avoir exprimé mon amour pour ma sœur (ah ! ça, vous ne vous y attendiez pas à celle-là…) je revendiquai des idées hautement éthiques mais pas au goût du jour, à savoir : qu’il n’y a pas de mal quand il y a consentement … Du reste, je n’avais pas fait l’amour avec ma sœur (quoi ? Vous le croyiez ? Mais si on l’avait fait en accord, ça n’aurait pas été un drame, sauf pour une famille mise au courant…). Je ne l’ai pas fait, puisque, à contrario de ce que j’espérais, elle était plutôt choquée par la déclaration de son grand frère (ça ce comprend). Mais croyez-moi, j’aurais davantage pris au sérieux mon censeur si je n’avais appris une dizaine d’années plus tôt en trouvant par inadvertance un papier personnel (j’assume totalement les éventuelles conséquences, aussi dommage que cela soit, de cette révélation qui n’a en aucune façon pour but de nuire à mon frère et à son intégrité – la seule chose qui je pense pourrait être touchée est son ego, son amour-propre, et ce n’est là plus mon problème, mais quand il aura tout lu, je parie qu’il ne m’en voudra plus), oui, que ce même frère alors âgé de 17 ans environ était tombé amoureux d’une jolie fillette de 4 ans (j’avoue qu’elle était canon). Je trouvais ça vraiment touchant, pur. Il voulait attendre qu’elle grandisse pour la prendre pour femme. A l’heure où j’écris, je sais qu’il va se marier, mais avec une femme de son âge … (raison de plus pour qu’il ne m’en veuille pas). Me trouvez-vous irrespectueux ou vindicatif ? ou les deux ? Quand on enfourche la plume Pegase…

Lorsqu’il m’accablait du poids du mot « inceste » (même non dit), j’aurais pu l’accabler de tout le poids du mot… Mais j’avoue qu’il y a une petite injustice en moi. Il est clair qu’il ne l’a jamais mise en danger, la petite princesse. En tout cas, je ne l’ai jamais accablé. Ce fait, ce sentiment, devait rester secret. Il faut dire que le révélé m’aurait valu une mandale qui équivalait pour moi à la puissance de l’ours alors qu’il est de deux ans mon puîné. J’avais malgré moi violé son intimité, de ces petits « viols mesquins du quotidien » dont parle George Moustaki (et là, est-ce une confession ou un nouveau de ces petits viols ?). J’avais eu un sentiment « incestueux » comme il avait eu un sentiment « pédophile ». Et après ? Il n’ y avait rien de grave ni dans l’un, ni dans l’autre. Son film était juste un peu plus improbable que le mien pour qu’il se réalise. Je sais que dans son jugement ne rentrait aucun élément objectif. Je ne me crois pas fin psychologue, mais je sens que tout (ou beaucoup) n’était motivé que par la peur de ses propres sentiments et de sa jalousie. Mais va dire à ton frère qu’il est jaloux de toi ! Jaloux d’être aimé par ma sœur (je parle en terme de possibilité) L’instinct de protection et l’inhibition sociale (oui, ce sont les autres motivations) sont si fortes qu’il n’aura sérieusement pas d’autres choix, à moins d’être Prométhée ou bien d’être très bien intégré et centré… que de jouer la voix de la censure. Par nature, on choisit toujours le plus confortable au sein même de l’inconfort. Il est toujours plus confortable de faire partie du groupe combien même il a tort. Oh ! là ! Je fais de la rime. C’est aussi très confortable, vous savez. Mais pour en revenir à plus d’inconfort, combien ont compris et fait leur l’oracle de Delphes « Connais-toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux » (pas même N Oz ne l’a adopté, alors qu’il paraît devoir être le premier à le faire), combien sont conscients, ont connaissance de ce qu’ils sont ? combien sont capables de voir leur ombre ? De voir, d’accepter qu’en soi il n’y a pas que de la lumière ou que l’être de lumière ? Il y a AUSSI comme en état de dormance tout un fort potentiel de destruction et de perversion : il y a un meurtrier, un tyran, un violeur, un pédophile, un incestueux… Bref, tout ce qui nous rebute, nous horripile, tout ce qu’on trouve « effrayant » comme disait mon frère en parlant d’une longue lettre « confessionale » que j’avais écrite à l’intention de mon médecin traitant et qu’il a eu plus tard en main, tout ce qu’enfin on aimerait bien chasser de soi et qu’on s’efforce de ne pas voir hormis chez l’Autre. Le monde manichéen avec ses films dualistes américains des gentils contre les méchants nous entretient bien dans cette illusion et nous rassure. Et il n’y a pas, je crois bien, de meilleure condition pour se faire déchaîner la bête en nous sous certaines circonstances. La bête, ou l’ombre (ça va ensemble : la bête tapit dans l’ombre dit t-on) se nourrit de l’inconscience et plus largement de l’Inconscient (Mmm… de la chair fraîche…). Comme disait Nerval : L’ignorance ne s’apprend pas ». « Qui fait l’ange fait la bête » dit le dicton justement, et faire la bête ne demande aucun effort. Qu’à entretenir l’obscurité en nous, ne surtout pas faire immerger une partie invisible de l’iceberg (pourtant, ça aurait sauvé le Titanic…), non, ne surtout pas grandir en conscience, ne surtout pas travailler sur l’ombre pour en faire de l’art comme les fameuses peintures clair-obscur de Rembrandt (j’adore !) ou George de La Tour (j’adore, un peu moins mais j’adore). Et vous refuserez, du moins pour un temps, d’entendre parler de « Lucifer » en vous qui pourtant, une fois rétabli, non comme personnage, mais comme instance psychique princière, rétabli dans sa nature originelle avant qu’il ne chute par la volonté obscure de l’Eglise, ne s’avère être autre que ce dont vous avez le plus besoin pour grandir en votre âme : le « Porteur de Lumière » (c’est ce qu’il signifie ce nom diabolisé), C’est de façon plus poétique et plus parlante peut-être notre luciole intérieure. D’ailleurs, ouvrez le dictionnaire au mot « luciferine » et vous saurez que si la luciole n’est pas de trogne très belle à l’instar de… ce qui la rend à vos yeux sublime n’a pour origine que la… Eh oui ! Miraculeux, non ? Lumière née de l’obscurité ! Lucifer n’est-il pas semblable à l’œil créateur de Dieu qui au sein des ténèbres peut créer par l’esprit un volume en projetant dans l’espace 6 directions (devant, derrière, en haut, en bas, à gauche, à droite) ? Fermez les yeux si vous en doutez, faites cet exercice mental, spirituel, et vous saurez répondre à la question « D’où viens-tu ? Qui es-tu ? Où vas-tu ? » .

 

13

 

Ouf ! Quel long chapitre ! Et s’il n’était que long !

J’avoue que c’est un peu ennuyeux.

Je viens seulement de partager une connaissance (enfin la substance théorique qu’il faut vivre sinon ce n’est que du savoir) que Eléonore m’a donné comme possibilité d’acquérir avec un peu de travail… Elle est mon « enseignante », ma « maîtresse spirituelle, et cela tient davantage d’un partenariat d’âme, d’un chemin d’âme. En fait, elle est mon accompagnatrice m’apportant peu à peu des outils de Connaissance basée sur la Grande Tradition englobant les archétypes ou symboles fondamentaux, universaux. Rien de plus, rien de moins. C’est cadré, pragmatique comme elle l’est. Je suis son compagnon d’âme, son troubadour. Je trouve… Le troubadour est fait pour trouver.. Son nom porte sa vocation. Trouver l’Amour et l’art de le dire en chanson… Aimer. Le Joi…

Si vous « naissez avec » vous êtes dans la Connaissance. Vous pigez ? Vous pouvez avoir tout le savoir du monde et être ignorant quant à la Connaissance… en vous-même, de vous-même, dirai-je. Le plus important, l’essentiel. La Con

naissance…

 

 

14

 

La Connaissance… c’est cela qu’Eléonore m’a « offert », que la Vie m’a offert par son intermédiaire, son canal, parce que j’étais prêt.

Le bonheur d’être aimé inconditionnellement et d’être relié par de-là l’espace et le temps !

Le bonheur de partager notre âme en étant centré !

Le bonheur de vivre le Présent cadeau !

Quel prix à tout cela ?

Et pourtant, quand bien même je sais que tout cela, que cette âmitié privilégiée peut disparaître humainement parlant, ne serait-ce que par le facteur Mort, à n’importe quel moment, je crains le pire quant aux conséquences de ma confession, même si je sais que comme elle m’a dit une fois après nous être embrassé dans le corps-âme, je garderai cet instant d’amour inconditionnel en moi à jamais quoi qu’il arrive entre nous, si on en venait à se détester par exemple, chose qui était vraiment drôle à entendre car inconcevable et pourtant très concevable, on le sait tous, mais on construit sur des semblants et on préfère ne pas concevoir justement… Cela ne voulait pas dire, comme une parole préfiguratrice, que cela aurait lieu. Mais là, je crains le pire quant aux conséquences de ma confession. Peut-être n’est-ce que de la peur, une création de mon mental. Ce serait une de plus. Je dois l’accepter.

Accepter le risque, le risque de défaillir à ses yeux. J’étais tenté de dire : le plus difficile n’est pas de mourir, mais de vivre, mais je crois que le plus difficile pour un être humain sans doute à accepter, c’est de mourir dans le regard, l’âme d’un être aimé. Alors que nous-même protagoniste de la chose, cela ne nous affecte nullement.

 

15

 

Il n’ y a rien dans ce texte qui soit dû au hasard. Tout a été pesé. Je fais preuve d’habilité, de stratégie, de calcul somme toute. Mais, o grand MAIS, je sais que rien, si je touche à une zone vitale gardée comme la prunelle de ses yeux par de terribles dragons, ne me sauvera.

J’en ai fait l’expérience avec ma sœur. La lettre la mieux tournée a été aussi désastreuse, sinon plus, que si je lui avais formulé l’essentiel de son contenu en balbutiant.

Elle avait déjà passé par une douche froide quelques mois auparavant. Dans trente ans peut-être, j’espère avant, elle en mourra de rire en redécouvrant ce que je lui avait écrit et qui ne fut qu’une énorme maladresse, une belle boulette, excédé, persuadé que les signes étaient trop nombreux pour que je me plante sur son amour vis à vis de moi, décidé à me faire « pour une fois confiance »,prêt à vivre l’enfer si je me trompais plutôt que de vivre continuellement avec une boule douloureuse dans la gorge qui était déjà un enfer en soi. Voici ce qui fut, je le répète, rien qu’une boulette dans l’absolu. Entre parenthèse, on est très loin de ma « déclaration d’amour ».

 

16

 

Hum…

 

17

 

Ai-je dit qu’elle n’avait que 17 ans et moi 27 ?

 

M,

 

Puisque tu me provoques sur la puante odeur qui est soi-disant venu jusqu’à ta chambre, je vais te dire ce que c’est, mais tu t’en doutes : mélange de sueur, de sperme, de merde et de vaseline… (Rien que ça ?) Voilà t’es contente ? (mon lecteur est aux anges !) Pas encore ? Tu veux savoir « à quoi je pensais » ? (Non, il ne va pas…) Car en disant cela, tu sais bien que ça s’accompagne généralement d’un acte (Il va le faire, j’y crois pas…) Oui, je me branle ! (ça c’est du délicat !) Et je m’enfonce même le doigt dans le cul ! (ça c’est franchement…) ça fait du bien (bien sûr…) T’es contente (Ah oui, très…) Pas encore ? (Si, si, stop, on a compris !) Tu veux peut-être savoir à qui je pensais ?…(ah ! parce que en plus…)

Devine ! (Non j’ai pas deviné, je ne veux pas deviner, elle ne veut pas deviner, nous ne voulons pas…)Coche la bonne réponse (Ah ouais, il en fait un jeu en plus…)

1 – Ta copine et son gros cul

2 – Toi et ton petit cul

3 – Kazan et sa grosse bite » (Nan, mais il est dément ce mec !)

 

Si c’est pas trop d’la balle, ça ! Une balle… Ouaf ! ouaf ! Oh Kazan, du calme!

 

Eh ! on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde disait le comique.

 

18

 

Hein ? Vous voyez comme c’est surréaliste et romantique…

Tandis que j’écris cette phrase, je me rend compte combien ma façon de m’exprimer ressemble de plus en plus à la sienne, à celle d’Eléonore. Elle a beaucoup d’admiration pour mes œuvres en général, mais elle ne soupçonne pas combien son style, car elle en a un, est « contaminant ». Moi qui la charriait sur des vers de son cru disant qu’ils étaient « plats de chez plat du pays du Brel qui n’est pas le sien »

En fait, sans le vouloir, je lui rend hommage. Et de la même façon, sans le vouloir, je peux lui faire mal, comme à ma sœur – briser la confiance. C’est cela que je pèse. Ma conscience est en éveil. Je mesure la portée de chaque mot dans le rythme du cœur. Je suis conscient de mon pouvoir créateur et destructeur. L’humain n’a que ses deux fonctions plus une : l’entretien. C’est ce que je fais avec son jardin. C’est ce que je fais avec mon jardin intérieur, c’est ce qu’on fait, Eléonore et moi – au fait, comment je m’appelle, moi ? Appelez-moi Etienne – jusqu’à quand ?

Je sais que plus que chaque mot, le plus terrible c’est l’attente. Où veut-il en venir ? Quelle est cette révélation ? Je mène la danse qui pourrait être macabre, mais qui ne l’est pas, ce qui ne m’empêche pas de devenir un tortionnaire par le verbe. Cela me peine et en même temps je goûte une jouissance à laquelle on ne peut échapper ou alors il faut renoncer à faire une œuvre d’art – un roman sans dialogue, l’avez-vous remarqué ? mais non sans Parole – oui, à faire une œuvre d’art d’une chose prosaïque : un mail que j’ai volontairement tronqué pour ménager le suspense et faire œuvre dessus.

Suis-je un pervers ?…

Le premier chapitre jusqu’à l’étoile (*) se trouvait à cette place à l’origine.

 

 

19

 

Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

20

 

Ca veut dire qu’en 20 chapitres très inégaux, la boucle est bouclée. Mon manuscrit commençait en fait par le premier chapitre jusqu’à… je vous l’ai dit. Je ne vous raconte pas tout les changements qui se sont opérés en le tapant à la machine… J’ai pris un pied d’enfer !

  • Mais alors, tu… vous lâchez le fil ? En plein milieu du labyrinthe ? Où est Ariane ? Ariane ! Ariane ! Au secours ! Et la suite du mail ? Tout est fini ? On m’a trompé en fait. Je me suis laissé(e) emporté(e) par ce pervers, ce psychopathe… Ce n’était qu’une mascarade immonde en vue de m’assassiner sans témoin au beau milieu de son labyrinthe infernale dont je ne vois ni la queue ni la tête. Au secours ! A Moi !

 

21

 

Du calme, tu vas réveiller les voisins… Je suis là, mon ami(e). Aie confiance. Ce n’est qu’un jeu. Je t’assure que je prends soin de toi dans ce jeu, contrairement aux apparences qui je veux bien le croire ne plaident pas en ma faveur. J’ai l’air au minimum d’être l’as d’un foutage de gueule. Je suis bien d’accord. On est tous d’accord. Mais sort de ton illusion, sapristi de saperlipopette. Retiens la leçon de l’Enfant.

Tu vois, Eléonore, elle n’est pas dupe, elle. Elle est sérieusement par contre, elle, en droit de s’inquiéter. La forme, ce n’est pas ce qui devrait t’inquiéter, si tu peux t’inquiéter, mais le fond.

Crois-tu vraiment que le roman finirait sur un inachèvement pareil ? On peut inachever une œuvre mais pas de cette façon. Ce serait trop cruel que le livre se ferme ainsi – pour Eléonore surtout. J’ai trop le sens de l’éthique en plus de celui de l’esthétique. J’ai une « ambition », un désir plus haut.

 

Tu veux une deuxième clé pour t’aider à avancer ?

C’est un secret. Il est écrit noir sur blanc au chapitre suivant portant un nombre très symbolique pour moi.

 

22

 

Je vends la bête. Un bête-seller. The best of the Beast.

 

23

 

Porte t’elle un triple 6 en elle ? Peut-être. mais sa signification n’est pas celle qu’on vous a appris. Repensez un instant à notre bon Dieu Lucifer…

24

 

Tenez, pour vous remettre de bon pied et de bonne disposition, je vais vous rapporter un récit que je vous ai évoqué. Vous vous souvenez du Tonton Tourgueniev ? Guy de Maupassant disait de lui :

« Des faits très simples prenaient parfois, en son esprit et en passant par ses lèvres, un caractère mystérieux. Il nous dit, un soir, après dîner, sa rencontre avec une jeune fille, dans un hôtel, et l’espèce de fascination que cette enfant exerça sur lui dès la première seconde ; il tâcha même de nous faire comprendre les causes de cette déduction, et il nous parla de la façon qu’elle avait d’ouvrir les yeux sans les fixer d’abord, et de ramener ensuite d’un mouvement très lent le regard sur les personnes. Il racontait le soulèvement de ses paupières, celui de la prunelle, le pli des sourcil, avec une si étrange netteté de souvenir qu’il nous fascina presque par l’évocation de cet œil inconnu. Et ce simple détail devenait plus inquiétant dans sa bouche que s’il eût dit quelque histoire terrible.

Le charme exquis de sa parole devenait étrangement dans des histoires d’amours. Il a écrit, je crois, celle qu’il nous a dite d’une façon si attendrissante.

Il chassait en Russie, et il reçut l’hospitalité dans un moulin. Comme le pays lui plaisait, il s’y résolut à y rester quelque temps. Il aperçut bientôt que la meunière le regardait, et, après quelques jours d’une galanterie rustique et délicate, il devint son amant. C’était une belle fille blonde, propre, fine, mariée à un rustre. Elle avait dans le cœur cette instinctive distinction des femmes qui comprennent par intuition toutes les choses subtiles du sentiment, sans avoir jamais rien appris.

Il nous conta le rendez-vous dans le grenier à paille que secouait d’un tremblement continu la grosse roue toujours tournant, leurs baisers dans la cuisine pendant que, penchée devant le feu, elle faisait dîner des hommes, et le premier coup d’œil qu’elle avait pour lui quand il rentrait de la chasse, après un jour de course dans les hautes herbes.

Mais il dut passer une semaine à Moscou, et il demanda à son amie ce qu’il fallait lui rapporter de la ville. Elle ne voulut rien. Il lui offrit une robe, des bijoux, des parures, une fourrure, ce grand luxe des Russes.

Elle refusa.

Il se désolait, ne sachant quoi lui proposer. Il lui fit enfin comprendre qu’elle lui causerait un gros chagrin en refusant. Alors elle dit :

  • Eh bien ! vous m’apporterez un savon.

  • Comment, un savon ! Quel savon ?

  • Un savon fin, un savon aux fleurs comme ceux des dames de la ville.

Il était fort surpris, ne comprenant guère la raison de ce goût étrange. Il demanda :

  • Mais pourquoi veux-tu justement un savon ?

  • C’est pour me laver les mains et qu’elles sentent bon, et que vous me les baisiez comme vous faites aux dames.

Il disait cela d’une telle façon, ce grand homme tendre et bon, qu’on avait envie de pleurer. »

 

 

 

 

25

 

Voilà, je sens que ce calmant a fait son effet. Je peux plonger dans la seconde partie de mon roman. Je sais que vous avez confiance, maintenant, quoi qu’il arrive.

 

26

 

Cher Etienne,

 

J’espère que tu as trouvé mon petit mot dans ta boîte aux lettres, sinon, je te le dirai de vive voix (questionnaire, silence de jeudi…) et j’espère aussi que tu as passé un bon week-end, cela avait l’air de bien se présenter pour toi avec ta Micheline, j’en suis contente pour toi et bien sûr pour elle, elle m’a « bluffée »

J’ai vécu (c’est là que ça devient intéressant pour notre sujet) un affrontement de dragons intérieurs en rapport avec toi ces derniers jours, je sais que tu l’as perçu. Le combat me semble terminé, je suis en paix et prête pour semble t-il la dernière étape nécessaire entre nous afin que tu puisses partir dans la prochaine dimension de ton parcours (et idem pour moi…) Qu’en pense ton guide, et toi ?

Je t’embrasse à bientôt

Eléonore

27

 

Ce message date du dimanche 31 août. Je venais de passer un week-end chez mes parents que je n’avais pas vu et qui ne m’avaient pas vu surtout (je pense surtout à ma mère) depuis un mois et demi : parti en vadrouille de festivals en festivals, de rencontres en Rencontres… Les Pyrénnées orientales et son Bugarach phénoménal, son Rennes-le-Château mystérieux, ses sources chaudes inoubliables ; La Bretagne et son Brocéliande enchanteur où dans un chêne centenaire qu’on a entouré de nos bras avec deux amis en se tenant la main – perchés dessus, au-dessous le précipice – on a entendu chanter Merlin, le merle… Il y aurait tant à raconter de cette vie de troubadour parmi d’autres troubadours. Ah ! vivre à fond le présent en se laissant porter par le courant sans souci du lendemain. Revenu à ma solitude coutumière, moi qui n’ai été vraiment seul qu’une journée à peine durant tout mon périple, le temps d’écrire une chanson en chemin vers le Sals, justement intitulée La Ballade du Sals. Me voilà vivant plus La Ballade de la geôle de Reading d’Oscar Wilde. Dur retour à soi-même au quotidien, même si il y a eu beaucoup de bonheur à revoir Eléonore avec qui j’étais resté connecté, à qui j’avais aussi envoyé quelques messages et téléphoné surtout (la cerise sur le gâteau pour elle et moi).

Serais-je en train de changer de ton ? Vous comprendrez mieux mon émotion dans quelques temps.

 

28

 

Chère Eléonore,

 

J’ai lu, reçu ton message de fond et je dois te dire que je ne suis que mi-réconforté. Ma confiance serait-elle une fois de plus mise à l’épreuve ? Toujours est-il que tu saches ce qui me tourmente depuis 3 jours. Si tu pouvais me dire le titre du livre que je suis en train de lire en rapport et avec lequel j’ai mis mon âme à la torture et mon corps dans le malaise. Pourquoi ? Pour plus de conscience peut-être, sans doute. En attendant, le démon qui s’agite, s’excite en moi se rit de la sagesse et l’Homme de La Lune semble s’éclipser au profit d’une éloge de la bêtise, de la folie. Quel est le vrai visage de mon dragon intérieur ? Celui de la Peur ou de la Perversité ? Les deux ? Sommes-nous allés si loin tous les deux pour en arriver là… Rappel à une vieille préoccupation qui n’a cessé de traîner comme un serpent, rappel à une chose que j’ai fui. Comme cela fait écho en moi ! Il a suffit de quelques mots de toi pour me rappeler à ça… Et puis il a suffit d’un regard, d’un sourire pour m’enliser Je ne vais pas si mal que je peux le laisser penser, mais jeté dans le trouble, et dans une énergie nettement plus basse que celle durant mon voyage dans le Bugarach et à Brocéliande. Là, c’est un autre voyage, intérieur, abyssal, qui me ramène à la plume et quelle plume !

Pour exorciser mon démon, j’ai hier composé une chanson d’une si incroyable pureté, malgré ou à cause (ou malgré et à cause) de son thème sulfureux (ça évoque drôlement les sources chaudes de Saint Thomas…), que c’en est déchirant. Manière peut-être de me centrer, en sublimant par l’art, de faire prendre conscience… Il paraît qu’on est là pour vivre des expériences. Celle-là est particulièrement dure à accepter. Je prends à bras le corps mon âme d’artiste. Pas évident dès fois. Tu me parles d’un affrontement de dragons en toi ces trois derniers jours (drôle de coïncidence) et que j’ai perçu. Ce que je peux te dire, c’est que j’ai fait un rêve ou tu me parlais et me poussais à m’ouvrir sur ce que manifestement tu savais déjà. Tu te moquais même de moi il me semble. Mon guide m’a dit hier d’avoir confiance, que tu savais, mais je suis là une bête rétive comme l’âne de ma mère qui lui donne tant de mal… Je ne suis pas sûr, moi, d’être prêt pour « la dernière étape nécessaire entre nous ». Quoi, la dernière ? Il me semble comme au jeu de l’Oie être revenu à la case Départ pour un caprice d’enfant semble t-il… Je suis «  un drôle d’oiseau, moi » ! Luron pas si gai qu’il le voudrait . Cependant, je suis trop conscient de ces délectations de poète pour ne pas en jouir et en sourire (j’avoue un peu jaune d’œuf si je puis finir en cul de poule…) Souffrir… Ecrire… Je viens de trouver une clé dans le dico : « délectation morose ». Que j’aime ce papillonnement de mon mental… J’entre dans le jeu. Je vais mieux. Ecrire est une libération, toujours, alors que lire peut être un supplice… Je vais quand même le finir ce livre… Et moi, ne serai-je pas sur la piste pour en écrire un ?

En attendant impatiemment de tes nouvelles, je t’embrasse fort.

Etienne

29

 

On a beaucoup parlé d’étapes, et là je sens que ce livre doit en franchir une nouvelle. Une étape « Etapes ». Je m’explique. Il est temps d’après mon guide, je le sens, que je parle plus en détail, avant d’aller plus loin, du chemin parcouru entre deux âmes : Eléonore et Etienne. E E…

 

30

 

Récapitulatif.

Il serait sans doute digne d’intérêt de mettre notre correspondance bout à bout –déjà d’une – comme indicatif d’évolution, après qu’elle m’est proposé un travail spirituel placé sous le signe de la RoseE comme Eros…

Cela garantirait un volume digne d’un roman honorable, si on en croit le goût populaire pour les pavés (de bonnes intentions !), ce qui fait, à moi, généralement mon enfer… Non, les Guerre et paix, à décourager un régiment !

Mais je tacherais de présenter une synthèse attrayante avec pourquoi pas des extraits de courriers – je vous précise : à 99% électroniques…

 

31

 

[ Récapitulatif des étapes ]

 

32

 

Pour ceux qui auraient oublié la teneur de mon message consigné au chapitre 28, je ne peux qu’ inviter à le relire avant de parcourir celle qui suit, signée de mon âmie.

 

33

 

Cher Etienne,

 

Comme tu vois, je n’ai aucun amour propre, j’ai fait un autre choix pour toi, et c’est incompatible. Je te demande donc comme tu me l’as suggéré hier de tes nouvelles par écrit puisque tu préfères. COMMENT VAS-TU ? Que se passe t-il ? Y a t-il un malentendu entre nous ? Heureusement que tu voulais de mes nouvelles impatiemment, qu’est-ce que ça aurait été ! Et dire que j’ai failli passé chez toi juste avant, qu’est-ce que tu aurais fait, me claquer la porte au nez ? Je préfère en rire (jaune comme toi, il faut l’avouer)…C’est bien connu, parfois on traite mieux une étrangère qu’une proche ou amie, je me dis que nous sommes vraiment très proches ! Mais je mets cela sur le compte de la souffrance de tes combats intérieurs avant le changement (dragons, gardiens du seuil ?) Ne crois-tu pas que nous pourrions en parler plus simplement ? Je ne peux croire qu’après le niveau de communication « subtile » atteint lundi dernier, nous ne pourrions plus nous parler. C’est compliqué de comprendre ce que tu veux me dire ainsi et je m’attache à la REALITE, parce que pour ce qu’est de ce que je ressens profondément, maintenant que j’ai passé l’épreuve, rien ne change et je l’accepte en me préparant moi aussi à cette évolution. Que puis-je faire ?

Tu es libre de penser ce que tu veux et libre de moi pour autant que je puisse en décider. Je pense à toi très fort, je suis de tout cœur et de toute âme avec toi, pour autant que tu l’acceptes.

A bientôt j’espère, mais fais comme tu le sens, tu es seul juge (et sois bon avec toi…).

Je t’embrasse

Eléonore

 

 

(Sur la REALITE, drôle comme ça entre en résonance avec ce que j’écrivais dessus quelques jours avant : Ré-alité… Le Soleil Ré alité, « Si vous voulez vraiment voir la Réalité, voyez-vous en face, en tant que Ré alité, des soleils, des dieux malades, souffrant jusqu’à trouver la vérité en soi et devenir Ré éveillé – Rêve éveillé, rêve conscient )

[…]

 

34

 

« Et sois bon avec toi… »

Tout un programme. Une déprogrammation à faire, enfin à poursuivre, car le travail est déjà bien entamé.

Qu’Eléonore parle du petit moi ou du Soi, de mon âme, les deux sont étroitement liés et on décidé de faire chemin ensemble depuis pas mal de temps déjà. Alors, il serait bon de parler un peu plus de Moi maintenant. Comment, n’en ai-je pas parlé assez ?

 

Vous allez être servi…

 

35

 

« Serais-tu poète, Polo ? Oh ce serait beau. Polo le poète. Mais oui, je suis poète, c’est évident. Je n’ai pas seulement la lyre dans le cul, je l’ai aussi dans le cœur.(Joli) Personne ne me croit en plus. Alors que je suis le plus grand poète de tous les temps. (Belle modestie) Parce que même quand je pète il y a un peu de poésie qui s’exprime. (Voilà un poète élégiaque) Les gens ont du mal à voir toute la poésie d’un pet. Ce sont des vulgaires (Merci pour eux) qui n’admettent de beau que ce qu’on leur dit beau. Mais la beauté n’a pas de définition, en définitive. Pour moi, un pet d’amour peut être aussi beau qu’une fleur de printemps. (Evident !) Toute expression est belle quand elle est pure. Tenez, j’imagine que ma sœur (Encore ??! Que va t-il pondre cette fois-ci ?) me pète au nez (Charmant ! là j’avoue que je suis sur le cul…), eh bien ça me fait bander (Ah quand même !) Et c’est un sentiment pur que j’ai pour ma sœur (ouais…). Imaginez, elle me pète au nez.(ouais…) Ca pu (ouais…) Mais ça devient bon, car c’est un don de soi (Bien sûr ! quelle meilleure preuve d’abnégation ? Quelle plus grande offrande de soi, hein ?) C’est l’intimité qu’elle redoute le plus de montrer, d’exprimer, avant peut-être l’odeur de son sexe (Tout à fait d’accord !) Je suis sûr que l’Homme est rempli de tels désirs, très sains, très purs, mais qu’ils n’osent « assouvir » (c’est vrai) (ça fait trop bête) (C’est vrai) par peur de l’autre, de la Société (ce n’est que trop vrai), des règles, des bienséances (oui), par peur de se perdre (oui) alors que ce n’est (attendez, je vais sortir mon mouchoir) que la seule façon de se trouver réellement (snif !), en agissant selon sa nature (oui, – snif !) Notre société n’est-elle pas alors que bande de frustrés qui cherchent à écraser les autres (si) par le pouvoir (oui) ou des pervers (Oh oui !)qui sont tombés dans la déviance de la pureté qu’ils n’ont pas pu vivre ? (c’est la vérité… snif !) Holà Polo, tu vas trop loin (Ah bon ? Oh non, continue Polo, je t’aime !) Qui veux-tu qui te comprenne ?(Moi Polo, moi, j’ai toujours rêvé entendre ça) Contente-toi de te branler en pensant à ta sœur chérie(oh non, ne te résigne pas mon chéri, fondons une fondation, je te suivrais) Un jour, tu feras même l’amour avec ta sœur (Oui, crois-y ! compte sur moi pour réaliser ce rêve, je suis à tes côtés) et le monde s’en trouvera purifié (Oh oui Polo ! Oh oui : que c’est beau ! J’en jouis !)

« Polo, n’es-tu pas le roi de la provocation ? »

 

 

36

 

 

Nous ne répondrons pas à cette question. Je vous laisse, en évitant cette fois-ci tout commentaire, lire en 37 cet autre passage des Aventures de Polo Marco écrites lors de son voyage en Grèce qui fut au propre dire de l’auteur davantage un voyage intérieur, se considérant, je cite « un aventurier du XXIème siècle ». Précisons que j’étais parti en Grèce pas seulement poussé par la lecture du Colosse de Maroussi d’Henri Miller tandis que j’étais animateur d’une colonie de vacances, mais aussi par un impératif besoin de fuir la marée amoureuse vis à vis de ma sœur. Enfin, je ferai la remarque que ce long extrait qui va suivre et le précédent ont été supprimé du manuscrit dactylographié où figure seulement entre crochets l’indication «Passage autocensuré ». Mais maintenant, je peux me permettre de le donner en pâture… . J’espère que vous vous autorisez à tout lire, tout entendre, parce que sinon… Ca commence par un peu de philo, mais par la suite il vous faudra pas mal de philosophie pour surmonter le choc. Tout le poids et le choc des mots…

 

37

 

« La morale a tout perverti : d’une chose bonne on en a fait une chose mauvaise, et de multiples choses mauvaises pour l’homme on en fait des choses bonnes. Moi qui dit cela je n’ai jamais touché ma sœur parce qu’il faut un pur consentement et une grande liberté des deux côtés pour pouvoir pour arriver à cet acte sans se faire du mal et se sentir coupable . Ca devrait être fait d’un libre choix et dans le plus parfait naturel, non comme des frères et sœurs, mais comme deux individus (deux personnes je dirais qui sous-tend la responsabilité) remplis d’amour l’un pour l’autre. Ma sœur est belle. Je bande en pensant à elle. N’est-ce pas beau en soi ? Moi qui me délecte à contempler son corps juvénile, je dois me contenter de me masturber en pensant faire l’amour avec elle. En lui prenant ses petits nichons, en pénétrant même son petit trou du cul après qu’elle ait caressé, léché, pénétré le mien du bout de sa langue et que je lui en fis de même, d’où émergeai un immense plaisir, une indicible jouissance des corps et de l’esprit. Même un cul devient propre dans l’amour. J’ai enfoncé un jour un doigt dans mon cul, assez profondément. Je me suis rendu compte après quelques va et vient que mon doigt ne sentait plus la merde. Mon cul était propre, et mon doigt aussi. Il m’est arrivé plusieurs fois de sentir les culottes « sales » de ma sœur à l’endroit de la moule. Que c’est bon ! Pardonne-moi ma sœur, mais n’a tu jamais eu de tels fantasmes que j’ose exprimer ? N’as-tu jamais mouillé en pensant à ton frère ? Et même aux autres ? Je le crois. On est tous pareil. J’ai eu assez tôt conscience que la connaissance commençait par le corps. Ainsi en est de chacun de nous avec son propre corps, dès la naissance. Est-il normal que nous si proches nous ayons jamais vu nos corps nus, sans parler des caresses ? Nous osons même pas se toucher, s’embrasser, parce qu’on sent des frissons, des émoustillements alors, qui nous troublent.. Ainsi, lors de mon faux-départ, lorsque tu m’as serré dans tes bras, j’ai résisté pour ne pas bander tout à fait. Tout contre toi, j’aurais pu éjaculer dans ma culotte, tu comprends ? Je n’ai jamais senti un corps de femme contre moi, je n’ai jamais eu d’étreinte amoureuse. Alors sentir les petits seins de ma sœur pointés contre ma poitrine et mon sexe contre son ventre, s’aurait été impossible à contrôler, j’aurais lâché mon dévolu. Peut-être aurais-tu été ému et aurais-tu ému ta culotte. Oh les fantasmes ! Combien de fois j’ai rêvé que tu faisais, avec ta bouche, l’amour avec ma bite brûlante, et moi de même avec ta foufoune chaude et humide et couverte de toison. Lorsque avant de partir je t’ai vu faire tes devoirs en mini-jupe, la cuisse nue par-dessus l’autre, je sentis mon sexe s’éveiller, et lorsque tu as posé ton genou sur le mien, alors que j’étais assis et toi debout en face de moi, je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas y poser ma main et te caresser. T’es tu rendu compte à quel point tu étais excitante ? J’avais envie de prendre dans mes mains tes petites fesses et les palper, les relever, les écarter, et les serrer… – Ca y est Polo, t’as éjaculé, tu peux passer à autre chose maintenant ! « Oui, je vais prendre une douche et manger un souvlaki. »

 

38

 

Ah ! ça soulage !Ca fait du bien quand ça s’arrête !

Oui, je sais, c’est… comment dire… osé !

J’aurais pu pour parler de moi piocher largement dans des œuvres autobiographiques – Harmagguédonet Mémoire traitant dans sa partie majeure et dans deux styles et deux approches très différentes de mon expérience religieuse parmi les TJ (Témoins de Jéhovah) de ma naissance à mes 22 ans. Vous comprenez l’importance du 22 maintenant en ce qui me concerne (et encore je ne vous dit pas tout – 22 Francs ! – brève évocation d’une anecdote ). Oui, j’ai choisi de montrer de moi ce que j’aurais naturellement montré de moi en dernier, pour ne surtout pas attirer l’antipathie : vous savez combien on préfère être aimé, aussi pour obtenir cet amour sommes-nous prêt à sacrifier notre âme sur l’autel de la peur. Lorsque deux de mes frères me faisaient la gueule, il a fallu pour être à nouveau admis et voir enfin mon petit neveu qui venait de naître il y a quelques temps, que je renonce à ma liberté de penser qui était pourtant mon cheval de bataille depuis que je l’avais trouvé en quittant les Témoins de Jéhovah. Eh bien non, je préfère dorénavant gagner direct le paradis devant Dieu en étant fidèle à mon âme que donner un reflet déformé, mensonger de celle-ci, la taire, la trahir en somme, pour obtenir faveur à vos yeux (Tiens, bizarre comme réflexion au regard d’Eléonore). Je ne crois pas à l’enfer pour le cas contraire, « Dieu » est beaucoup plus bon envers nous-même que nous même. Mais Dieu préfère se mirer et s’admirer en nous, façon de dire, que de point s’y reconnaître. Aussi à l’heure actuelle se délecte t-il à lire, à voir la forme que j’ai donné à la Source, Lui. Car, vous imaginez bien, que Dieu étant qu’Esprit et non Matière, mais ayant offert une étincelle de Lui – notre Ame – en chacun de nous pour intégrer la matière et créer des formes – d’où l’importance de l’esthétique, de l’Art – il se plaît à la lecture de Lui-même qu’il trouve dans un poème, un bouquet de fleurs, un bon repas préparé avec amour – et bien sûr dans cette œuvre… Dieu adore me lire depuis que j’écris, depuis 15 ans. D’ailleurs ce coquin m’a fait vivre tout ce que j’ai vécu, qui n’est tout de même pas banal, qu’en vue de ce que je lui ai offert, lui offre, et lui offrirai encore. Pervers, non ?

 

39

 

Je repense à un bon gars que j’ai rencontré à Brocéliande, aux Rencontres Agriculturelles…Que j’explique quand même brièvement ce dont il s’agit. Ce n’est pas un festival, car tout est informel. Pas d’artistes payés, pas de « têtes d’affiche ». On y vient vivre de façon autonome, partager des savoirs, savoir-faire et savoir-être. Il y a des contes, de la musique et un tas d’autres activités que chacun propose ou qui se créent à l’improviste. Chacun offre ses services librement pour ce qui est des tâches quotidiennes (repas, vaisselle, eau, toilettes sèches, accueil) et chacun donne en argent ce qu’il peut ou suivant son bon cœur et des indicatifs de prix. Bref, c’est très riche ces deux semaines… Pour ce qui est du bon gars, je l’ai rencontré avant de partir à un festival de Bretagne intitulé Terres d’Harmonies – beau bébé du festival Le Rêve de l’Aborigène existant depuis 7 ans. Il avait un camion, et il allait aux Rencontres ! La belle aubaine ! Quand je vous dit qu’en suivant le courant, en ayant confiance… Eh bien ce gars, il se disait un peu sauvage. Il avait un animal fétiche, un chat, qu’il considérait comme son maître. Intérieurement, il était animal. Il a d’ailleurs raconté un début de métempsychose, où il se voyait réellement se transformer physiquement. Il a vraiment flippé. Il y a échappé belle. Pourtant, c’était vraiment sa nature, et comme il dit, son vrai travail, c’est de s’humaniser. Je le trouvais très social, n’empêche, et ce qui sortait de sa bouche (non, pas des miaulements) me touchait, m’interpellait beaucoup. Il aimait le cynisme contrôlé. Il ne pouvait sérieusement pas être vraiment lui-même, cyniquement parlant, parce que c’était trop dur de chaque fois avoir à justifier ses comportements, personne ne le comprenait et il pouvait ainsi se mettre tout le monde à dos. Cela ne lui poserait aucun problème de vivre dans les bois, à l’écart, comme les chamans… Eh ! Vous entendez ça ? Chat-man… Homme-chat ! Quelle vocation ! Quelle destinée… Il était très conscient de la part d’ombre en lui, et il voulait l’intégrer, ce que je trouve il faisait très bien. Je lui est dit d’ailleurs, que la meilleure façon pour lui de vivre sa nature sauvage et cynique de façon centrée était la voie de l’Art. Du coup ? l’inacceptable au regard extérieur, deviendrait acceptable, voire louable. Un jour, c’est à ça que je voulais en venir, je suis venu à lui lors des Rencontres (Il avait installé son camion dans le champ à côté du site d’activités et ne l’a quitté que rarement – pourtant il me disait qu’il y avait de grandes chances pour qu’il propose ses services au démontage : il y avait moins de monde…) et je lui

ai dit en jouant la perversité d’une voix éraillée: « J’ai envie de te tuer. Je ferai de toi du pâté pour ton chat. » Il était enchanté. « Oh oui, merci. Quelle meilleure mort que de finir dans le ventre de mon chat, quelle meilleure réincarnation ? C’est mon grand rêve !»  

E comme Enfant. E comme Exploiter. E comme Equilibre.

Merci à toi l’artiste ! Merci dauphin…

 

40

 

Une troisième clé : « chien » ne veut pas dire « chien méchant ». Cynisme (gr.Kunos, chien), mais pas méchanceté.

 

41

 

Je parlais de chats à propos de mon ami, et voilà que j’ai fini mon chat-pître par le dauphin. Le dauphin est appelé clown de mer » par les marins. Si pour mon ami dire « merci dauphin » au lieu de « merci chat » constituerait une insulte, sachez qu’Eléonore me comprend. Une autre femme le comprendrait, bien que de façon différente. Cette femme rencontré au Bugarach, elle aussi serviteur du Chat  bien qu’on serait tenté de dire « Maîtresse des chats » et qui nous a raconté des histoires de chats hallucinantes, tandis qu’un chaton de trois mois appartenant à un ami s’était posé sur elle, nous a appris que les deux animaux qui se rapprochaient le plus de l’humain dans la construction de son esprit, son fonctionnement, étaient le dauphin (ça on a pas de mal à y croire) et… le chat ! J’avoue que c’est un mystère pour moi aussi grand que le chat qui rappelons-le a été divinisé en Egypte (Bastet) et est le seul animal dont on a retrouvé toute une ville de chat momifiés : Bubastis, le « cimetière » des chats, preuve que sa majesté était vraiment un animal populaire et non d’élite :

 

C’est l’esprit familier du lieu ;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire ;

Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

 

C’est bien mon avis : si le chien incarne l’humain, le chat incarne ou représente le divin en nous. Baudelaire, finissant par une question n’en doutait pas, tous comme les égyptiens.

Il y a aussi un courte nouvelle de H P Lovecravt que j’aime beaucoup pour le frisson qu’il provoque :Les chats d’Ulthar.

 

42

 

« On raconte qu’il y a très longtemps, à la nuit des temps, sur une contrée inconnue, de l’autre côté de la rivière Skaï, à Ulthar, vivaient dans une vieille chaumière un paysan et sa femme qui prenaient plaisir à tuer les chats de leurs voisins. Pourquoi se livraient-ils à ce massacre ? Mystère. »

 

J’ai mis entre crochet, mais il s’agit en fait d’une adaptation que j’en ai faite, du moins pour le début, afin le raconter en tant qu’animateur aux enfants…

La suite, il ne tient qu’à vous de la trouver.

Je clos les chat-pitres

 

43

 

N’ai-je pas l’air, dites-moi de biaiser du sujet ?

 

44

 

Vous vous doutez bien que je n’oublie pas où je vais.

Alors laissez-vous porter, ballotter encore.

Je vais encore parler de ma petite sœur (elle à un copain et en suis heureux).

C’est un rêve prémonitoire de ce qui s’est passé avec elle que je désire partager à travers ce texte témoin écrit après. Vous n’êtes pas obligé de lire. Enfin, je n’ai pas besoin de vous le dire. On s’est mis d’accord depuis le début, je ne vous ai rien caché.

Ce mardi 19 novembre 1996, c’est à dire 5 ans avant les faits que j’ai rapporté, et ce qui explique, prouve peut-être qu’il y a un fort lien karmique dans ce que j’ai vécu, j’ai fait un rêve à propos de ma sœur.

Oui et qui coïncidait avec une conversation de la veille avec une amie poétesse du nom de Marie, qui est très proche de celui de ma frangine. (eh ! j’ai voulu éviter la répétition, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre…)

La première chose que j’avais noté est ceci :

 

45

 

Ce que j’ai rêvé, c’est l’i pur, l’i des origines. Lorsque l’i n’était pas l’i

 

46

 

 

Quant au texte, Le voici texto au chapitre suivant.

 

47

 

Hier, Marie me disait au cours d’une conversation : l’inceste a été le premier interdit de l’humanité.

Je lui faisais valoir la différence entre l’Interdit, qui pour moi répond à une loi intérieure d’ordre subsconscient et le Péché, qui est un interdit inventé, inventé par l’homme et inhérent au sacré, à la religion.

Aujourd’hui (le lendemain), je reviens à cette question, et particulièrement de l’Inceste. J’ai eu cette nuit même un étrange rêve incestueux avec ma sœur : je vois ma sœur se montrer nue devant moi, à l’embrasure d’une porte. Elle est toute jeune, c’est un corps d’enfant-adolescent. Elle m’attire ainsi à elle. Elle est heureuse. Je la caresse avec le même bonheur ce corps juvénile, ses seins naissants, ses fesses qui, non encore formées, glissent entre mes mains comme celles d’un homme. Elle ouvre librement ses cuisses et mon sexe mûr et roidi au maximum du désir effleure le sien, lisse comme un coquillage, ce sexe pur dont j’avais senti le brasillement rouge sous mes doigts. Au moment où je veux la pénétrer, je lui dit que je ne peux pas : je n’ai pas de préservatif (où est-ce ma petite sœur qui me le demande ?) Elle sort de la petite pièce intime et pénombreuse. Papa est dans la chambre d’en face, préparant il me semble sa Tour de Garde. Maman est en bas, à quelque ménage. Donc elle descend et lui demande un préservatif : « C’est pour papa ! » Maman, naturellement lui donne.

Volupté infantile et adulte. Flou. Pénétration retardée à cause de trop rapide montée de sperme. Mot « préservatif » plusieurs fois répété.

Trou Noir.

Révélation à maman (comment cela s’est-il fait ?) d’un acte guidé par un instinct sexuel très pur, et dont nous ne pensons même pas être un inceste, un interdit. Le jugement tempéré de maman dans mon cas, et surtout le mien étant adulte, par l’idée de faible et non de vice : c’est un acte coupable qui mériterait d’après la loi, 13 ans de prison (dans mon cas 5…)

Maman entre me réveiller : fin du rêve. Il est plus de 8h du matin.

 

_____[…

 

Je précise dans mon rêve, la reconnaissance physique de mon père et de ma mère. Mais ma sœur, c’est ma sœur et c’est pas ma sœur. Physiquement, c’est pas ma sœur.

Ajoutons, non pour me défendre mais pour information, que je n’ai jamais eu, dans la vie profane, de désir d’inceste avec ma sœur, ni de regard incestueux. Les fantasmes, même éveillés, sont une vie libidinale, indispensable à notre équilibre et se détache totalement de la réalité, Réalité qui est d’aucune pesanteur sur l’épanchement du rêve sur l’imagination la plus débridée. Aussi étrange et contradictoire que cela puisse paraître, il m’est arrivé imprévisiblement de fantasmer sur ma sœur, et le lendemain n’en être aucunement troublé, retrouver ma petite sœur familière, de tous les jours, en être heureux et sans trouble. Pourquoi en devrais-je être troublé ? Je crois avoir assez connu la culpabilisation, qui est une perte d’innocence. Qui n’a pas rêvé une seule fois, ni été effleuré par cette pensée excitante d’un corps d’enfant ? Ayant tous été enfant nous sommes tous des enfants pédophiles purs, ce qui n’a rien à voir avec la pédophilie vicieuse et Maladive.

 

Tout cela, du rapport entre la Réalité et le Rêve incestueux : l’écart est aussi grand entre l’homme qui vit et l’homme qui écrit. Cela est une évidence pour moi. Tout écrivain n’a pas un être double mais une vie double.

 

Du sens de mon rêve ?

 

Dans l’inceste de mon rêve, il n’y avait pas crime, mais innocence d’un libre consentement.

Ce que j’ai rêvé, c’est l’inceste pur, l’inceste des origines, lorsque l’inceste n’était pas Inceste.

L’Inceste est Sacré. Il est un Mythe presque universellement admis et refoulé. Presque, car chez certains peuples, il est une Loi de se marier qu’à l’intérieur d’une même famille. Le sens d’Inceste disparaît donc. Il n’y a qu’une notion de proche ou d’étranger.

L’inceste n’est-il pas un interdit inventé, c’est à dire Péché ? Est-il antérieur à la Religion ? Le mot « inceste », qui veut dire « impur en latin (incestus) est-il né à l’intérieur de la famille ou à l’intérieur d’une communauté religieuse ?Pour préserver la cohésion d’un groupe et son hérédité ou préserver une morale se croyant menacée.

Y a t-il un Inconscient collectif ?…

 

Voir :

  • La Bible (Genèse et Lévitique)

  • Sade (perversité)…

  • Trakl (amour incestueux pour sa sœur Greta, son remord)

  • Artaud (les origines et analyse)

  • Malinowski (Ethnologie : prohibition et mythe de l’inceste)

  • Gainsbourg : Inceste de citron :

 

« L’amour que nous n’f’rons jamais ensemble

est le plus beau le plus violent

le plus pur le plus enivrant

le plus pur le plus émouvant

Exquise esquisse

Délicieuse enfant

Ma chair et mon sang

Oh mon bébé mon âme »

 

Mardi 19 novembre 1996

 

 

 

48

 

 

De la chanson Lemon Incest, que j’ai cité partiellement, j’ai oublié dans la Famille « L’amour que nous n’f’rons jamais ensemble « est le plus rare, le plus troublant ».

Papapappa…

Mais décidément, mon inconscient était à plein régime. Un régal pour les psy… je suis né trop tard pour figurer dans un livre de Freud. Il est tout de même troublant de penser que c’était « programmé » là-dedans MON HISTOIRE ! Et un rêve de la nuit suivante très différent démontre qu’il y avait décidément un truc du karma. Moi qui n’y ai jamais cru…

En effet, je me suis levé pour noter au crayon de bois dans le noir:

 

49

 

« Souvenir pleureur,

Archive cœur

 

Pendant la nuit

5H 11»

 

50

 

Là aussi, il y a eu un texte « après coup ». Mais avant de le citer, attendez je lève la fesse…

Ah ! ça fait du bien !

 

51

 

Nuit du 20 au 21 : Poème automatique pendant le sommeil (voir 18 avril 95)

Réveil vers 5h05 du matin. Je note dans le noir les derniers vers :

 

Souvenirs pleureurs

Archive – cœur

 

Tous les autres vers précédents étaient à peu près de la même longueur et défilaient assez vite sur un rythme cadencé, il me semble par distiques.

Même ton.

 

* Pourquoi distique ? L’inconscient fait-il des choix ?

« Le distique tire sa force de l’unité de sens qu’il développe dans deux uniques vers. »

Or, n’est-ce pas, par hasard inexplicable, ce que je relis avec stupeur, n’est-ce pas là le distique le plus parfait que l’on puisse rencontrer, au point que ces deux vers rescapés sont à eux seuls un poème ? – voir alliance de mots et champ lexical.

Je note aussi un vers de 5 pieds et un de 4 : ces deux types de vers s’emploient couramment pour traduire « des moments fugitifs, des réalités ou des impressions fugaces. »

Du caractère fugace de mon rêve-poème il n’y a aucun doute…

 

 

__________

 

« Le gosier est un passage long comme le vagin (wila), et l’un attire l’autre. Un homme qui possède une belle voix plaît aux femmes, et celles-ci à leur tour cherchent à leur plaire. »

(Pensée indigène des îles Trobiand)

 

J’arrête la poésie

Et demain, j’fais de la chorale –

 

52

 

Cela, sous la barre, c’est un petit surplus. Comme cela a été écrit le même jour et que c’est vraiment exquis, drôle et même étonnant (ça vient encore de La vie sexuelle des sauvages du nord- ouest de la Mélanésie signé B. Malinowski), je n’ai pas pu résisté à l’y joindre.

 

53

 

Et Eléonore dans tout ça ? Elle l’attend cette révélation dans la suite du message tronqué, et vous aussi !

 

La dernière fois qu’on a parlé sérieusement de cette affaire se trouve bien loin derrière, au chapitre… attendez que je cherche…

33 !

L’âge du Christ !

Vous vous rappelez : « Sois bon avec toi » me disait-elle. Et moi, ne dois-je pas être bon avec elle et avec vous en ne vous faisant pas plus attendre ?

 

 

Après avoir reçu son message, je me suis mis à faire de l’humour, dédramatisant la chose… Oui, j’ai écrit un texte que j’ai intitulé Perceval. Sorte de sketch à la manière de Mon dauph que j’avais « férocement » écrit plusieurs mois auparavant à la suite d’une expérience où je me voyais intérieurement me métamorphoser en dauphin, ce qui se traduisait corporellement par une certaine démarche « dauphine » et des « sifflements » de dauphin me mettant dans un drôle d’état… Perceval y va fort aussi dans le « démontage ». Mais je vous le réserve pour plus tard.

J’ai eu l’idée de le lire à Eléonore le lendemain. Je ne me voyais pas lui annoncer autrement. Lorsque je l’avais eu au téléphone, sa voix était si douce que j’étais quelque peu réconforté. Je n’en menais pas large quand même tout à l’intérieur. Le doute, toujours ce doute. Et avec ses problèmes de cœur, ne risquait-elle pas de faire une crise cardiaque ?

Le lendemain matin, je lui ai téléphoné pour fixer un lieu neutre : ni chez elle, ni chez moi. Je lui proposai de retourner au dolmen où j’avais l’hiver dernier passé une initiation sous son aile… Elle accepta de bon cœur : ça tombait bien, elle voulait y aller. Après ce rendez-vous pris, je suis allé à mon jardin : j’y ai cueilli une petite tomate. Je me disais en route en la contemplant : « Je suis amoureux d’une petite tomate… ». L’heure du rendez-vous arriva : il était 15 H. Elle vint me chercher en bas de chez moi. Je lui proposais d’écouter avant de partir deux morceaux de musique mariant le traditionnel irlandais (violon, voix) et le traditionnel mandingue (kora, voix). C’était la première fois qu’on écoutait de la musique ensemble en dehors de sa voiture. Nous étions, là, allongés. D’abord séparés puis l’un en face de l’autre. Je lui pris avec son autorisation une main entre les miennes. La musique lui fit une forte impression, quelque chose d’inédit la fascinait et la dérangeait quelque peu en même temps, comme sous le choc de la rencontre improbable de deux mondes si lointains l’un de l’autre, si différents. Le monde celtique avec lequel elle avait une grande affinité et dont la harpe en est très symbolique, se voyait étrangement rivalisé par la kora, une sorte de harpe assez frappée, qui au lieu de douceur nous donnait une diffuse agression se traduisant par un état de transe. En tout cas, en écoutant plus tard un autre disque mais exclusivement de kora, elle dira qu’il s’agit d’une des seules musiques qui lui fasse physiquement quelque chose sur son cœur, pour se diffuser ensuite dans son corps. Je rapporte ce fait parce que cela m’a marqué, touché. Je suis un amoureux de la musique africaine (même si j’aime beaucoup la celtique) et spécialement de la kora que j’ai eu l’occasion de tenir entre mes mains et d’en jouer pour la première fois aux Agriculturelles. Là, il me reviens une chose que j’ai oublié de dire et qui n’a rien à voir avec ce dont je parlais: le matin, un miroir d’une des portes d’un placard de la salle de bain s’est brisé en tombant par terre. Mauvaise augure ? Après la séance musicale, Eléonore, comme vidée, ne se sentait plus de force d’aller jusqu’au dolmen. On a donc opté pour un petit chemin de terre beaucoup moins loin. Le temps était à la grisaille : Eléonore avait annoncé qu’il pleuvrait. Là, c’était juste menaçant. On était à présent garé, dans la voiture. L’heure fatidique était arrivé. Je ne pouvais plus me défiler. Je pensais à son cœur. Apparemment, je n’avais pas de souci à me faire au moins de ce côté là. Bon… Silence. Je lui ai dit que j’avais écrit un texte, et même si elle aurait préféré que je lui explique simplement, elle acceptait que je lise. « Fais ce que tu sens le mieux pour toi ». J’hésitais longtemps. Je n’arrivais pas à me lancer. Vais-je y arriver ? Pour quel résultat ?

 

54

 

Caprice du sort, caprice d’artiste, je vais dès maintenant dévoiler non pas le texte que j’ai lu à mon âmie, mais celui que je vous ai fait attendre depuis trop longtemps déjà. La seconde partie du mail. C’est à dire la suite du chapitre 6…

 

55

 

«  C'est parce que là encore je me permets de me laisser aller que je te dirais qu'il est dommage pour moi et peut-être pour elle que j'ai 35 ans et elle pas encore 14! Mais c'est la vie, j'accepte ses contraintes, ses limites, il en faut bien tout de même. Oui, je crois que j'ai protégé (et toi de même) ta fille contre moi-même en étant distant. La première fois qu'elle m'a parlé de Bobo le dauphin, j'avais l'impression d'avoir Zoé en face de moi...

Ce que tu m'as dit qu'elle avait remarqué en moi m'a aussi vraiment touché, faisant un écho très fort en moi. Tu vois bien que quand tu me dis de choisir une femme sans considération d'âge, c'est pas possible, et pourtant c'est elle que mon âme a sans doute élu, mais ce sera pour une autre vie... défiant elle les lois humaines.

Peut-être vas-tu me détester après ça. je comprendrais. Pourquoi dire ça maintenant? Parce que c'est le moment pour moi. Ce que tu m'as dit d'elle me concernant m'a rappelé à cette "histoire" que je traînais. »

 

56

 

Ah ! J’ai fini par lâcher le morceau qui me rendait malade depuis trois jours. J’ai ainsi lu à Eléonore, en trébuchant sur la première phrase, me reprenant après une respiration, j’ai ainsi lu sans la regarder une seule fois ce que vous allez lire ci-dessous intitulé Perceval

 

57

 

Je suis tombé bien bas.

Non mais quelle idée de s’enticher de ta fille !

Non mais t’a vu, elle a même pas de barbe !

Bon bah, c’est pas grave. Au lieu de bouffer du Graal j’’boufferai du gras !

J’ai la tête d’un Perceval, moi ? Perceval…Ca veut rien dire. Perceval… Perce…val… Mais c’est ignoble ! Ce n’est qu’un vulgaire décapsuleur !

Eh ! Chevalier qui perce le Val Sacré !

Exactement comme ce scarabée bousier-bourré vu à Brocéliande en plein milieu d’une route, attiré par un steak grillant sur le macadam !… Ah ! Il était ouvert, lui.

Ouais, elle m’avait dit mon âmie, Ma chère Dame du val brillant : Sois ouvert. Ne t’arrête ni à l’âge, ni à la beauté physique, ni à son niveau spirituel, ni à son projet de vie…ni à l’âge surtout ! »

Mais elle ne m’a pas dit : « Ne t’arrête pas à ma fille ! »

Si elle m’avait dit que le mariage est interdit aux moins de 16 ans !

Mais, très chère âmie, quelle consolation dans ma folie m’offre l’Histoire au poète que je suis: Dante et sa Béatrice, Petrarque et sa Laure, Poe et sa Virginie. 3 poètes pétrophiles. Mais pétrophilie 3 étoiles !

Quoi ? Non mais Internet Patrènet, il fait chier à contredire les informations. Ça m’étonnerait qu’il en sache plus que Nabokov.

Lolita chapitre 2 verset 44 à 47 !

Ah ! les classiques se perdent ! Qui est capable aujourd’hui de citer le nom des 7 nains ?

Bon, revenons à nos… à notre…

Ce Nabokov, ce pervers et traître Nabokov Kalachmikov naturalisé américain à la Vladimir Poutine faisait plus cas des lolos pas nés de Lolita que d’un steak de macadam chez Mac Donald !

Et voilà qu’il se joue des sens et de la pudeur du lecteur se mettant en branle, les nerfs à vif et sa moralité à nue avec son histoire pétrophile à dormir debout sur le tombeau d’Hitchkock ! Ah ! le malin ! Il m’a bien eu avec sa scène finale d’une loufoquerie inouïe tombant comme un cheveu de Lolita sur la soupe. Ah ! Il l’a libéré le rire libérateur !

Mais c’est un scandale ! Faire de moi un pétrophile convaincu, dégoûté à l’image de son pâle don Quichiotte de la Mouche à la triste figure.

Si c’est pas un héros. Humbert Humbert. H H. Ça c’est du haché !

Allez, file Pedro !

Oh ! dis-donc, faut pas que je ris trop en marchant, j’ai failli avaler une chauve-souris !

Mon Dieu, quelle inspiration !

Dieu, espèce de pétrophile !

« Dieu aime ses enfants. Dieu nous aime. Les enfants de Dieu…tous faits à ton image !

 

Ah ! m chère et tendre âmie, mère de mon amour, mon initiatrice…

«  C’est étrange d’être ange

C’est étrange d’être âne » disait prévert.

Oui, si on mettait – c’est une révélation – devant moi toutes les filles qui m’ont plu durant ces deux derniers mois, j’aurais bien du mal à choisir.

Maintenant, si au beau milieu on y mettait ta fille, sans hésitation, mon âme la choisirait.

Oui, dans son âge bête ! Etrange…

Je ne voudrais qu’elle échange sa bêtise, d’ailleurs, contre aucune sagesse. Elle est le bien le plus précieux lorsqu’elle sertit un cœur pur, un cœur d’enfant.

C’est chiant la sagesse, mère de la philosophie…

La bêtise est vivante, surprenante et drôle.

 

Je suis un gai luron, un déluré, un esprit libre.

Je suis…une plume d’ange… Tenez… Je vous la donne.

(merci)

Non, non, de rien. C’est normal, j’suis né pour ça : pour m’ouvrir… Euh… M’offrir. Oui, ainsi l’a voulu Dieu. Les voies de Dieu son impénétrables. Quoi que…. Pardon mon Père. Va, je te pardonne. Alléluia !

Si ma mère savait ça ! Une belle fille de 13 ans et demi ! Ah ! mais c’est pas ma sœur !…

Alléluia ! Alléluia !Alléluia !

Tes yeux…Ton sourire…

Je t’aime Lo, je t’aime Lo, je t’ai…………….me !

Mon GRAAAA………L !

 

 

Je l’ai appelé Lo (comme elle, elle est une « scout girl »…), mais maintenant je l’appellerais du nom de Zoé, comme la dauphine qu’à rencontré Bobo le dauphin, enfin Bobo…bo après son long voyage à travers la terre du Rêve.

 

58

 

Ouais, mais alors, ton âmie, elle t’a foutu une baffe j’espère !

Bein non.

A la fin de ma lecture d’un ton pas du tout enjoué et en rien goguenard à la façon de Mon dauphqu’elle avait entendu sur cassette, je l’ai enfin regardé. Elle souriait. Et elle me dit : « Bein, t’es un homme riche ! »

Je ne vous explique pas mon soulagement. Je me demandais tout de même si elle avait bien compris que je parlais de sa fille. Elle avait bien compris. Elle me fit comprendre que la libido n’avait aucune moralité (ce que je savais). Il fallait l’accepter. Ce qui n’empêche pas d’accepter aussi les règles de la « moralité ».

Ah ! J’aurais voulu enregistrer notre conversation. J’aurais fait un dialogue. Cela aurait été d’autant plus fort qu’il aurait été le premier. Cela aurait marqué et honoré la situation. Je ne peux même pas offrir ce cadeau. Mais on ne va pas pleurer, enfin, je ne vais pas pleurer maintenant que j’ai échappé à la pire situation qu’il m’aurait coûté de vivre avec Eléonore. Ce que je dois me dire aussi c’est que si ça était arrivé ça serait arrivé. C’était qu’il fallait que cela arrive.

Je pourrais reconstituer un dialogue. Je ne me le permets pas. Je créerais une illusion de vérité, une vie artificielle. Les paroles qu’elle me disait étaient trop importantes pour être déformées par un artifice de vérité. Tout ce que je peux rapporter est de l’approximatif, d’après ma mémoire, ma pauvre mémoire…

Elle m’a dit qu’elle s’en doutait. Elle savait depuis la première fois qu’elle m’avait entendu conter Bobo devant des enfants que j’avais quelque chose en moi de très fort vis à vis des enfants, oui, un côté, je dirais en mes termes « amour de l’enfant » entaché d’aucune perversité. C’était ce qui faisait « l ’effet dauphin »… J’ai, vous le savez, grâce au chapitre 47, pour la première fois évoqué par écrit la « pédophilie » en 1996 alors que le sujet était l’ « inceste ». Le lien karmique serait-il poussé plus loin ? Il semble bien que ce fut là aussi un texte prémonitoire…

Notez toutefois que si le Marquis de Sade a écrit Justine ou les malheurs de la Vertu et Restif de la Bretonne L’anti-Justine en contrepartie, avec mon livre je me situe face à Lolita de Nabokov comme Restif face à Sade. Je suis un luron, pas un olibrius. Du moins, je crois.

Notez aussi que pour me connaître suffisamment et l’avoir vérifié récemment à travers la lecture du encore scandaleux chef-d’oeuvre de Vladimir Nabokov, encore plus d’actualité que lorsqu’il est sorti en librairie car jamais les histoires de pédophilie et de réseaux criminels n’ont été aussi médiatisés, oui, contrairement à son maladif et bien pathétique Humbert Humbert (bien qu’il est aussi attendrissant que cynique à l’image de son créateur), je ne zieute pas les enfants et ne recherche pas les corps de gamines (ou gamins). J’aime le corps de femme et à ce titre je me permets à l’occasion de regarder en douce, sans trop insister non plus, le corps déjà développé de Zoé, comme je le ferais avec n’importe quelle femme. Je le trouve très à mon goût (avec ses tétines plus grosses que des clémentines, – « de quoi remplir les mains d’un honnête homme », comme dirait un lointain cousin et ancien colonel). Mais puisque j’aborde le sujet du zieutage, je peux parler par expérience de mon avis étant de penchant ou plutôt de nature naturiste. Mais ce sera l’objet du prochain chapitre.

Auparavant, j’aimerais quand même attirer l’attention sur quelques nymphettes troublantes peintes par Balthus sur lesquelles mon œil a « trébuché ». La première toiles s’intitule Les Beaux jours et date de 1944-1946. La seconde a pour titre Le lever et date de 1975- 1977 (plus proche de ma date de naissance et de celle de Zoé). Les deux ont tout l’air d’être des allégories. Dans Les beaux jours on voit une fillette en jupe d’un rose sombre vautrée dans un fauteuil au bord duquel vient reposer la jambe gauche pliée tandis que la jambe droite étalée de toute sa longueur et dont le pied chaussé d’un soulier blanc (comme l’autre qu’on voit moins) occupe l’avant-scène avec la table à gauche de plus de moitié cachée et portant un récipient blanc. Son bras droite sur lequel la bretelle de sa jupe tombe laissant apparaître son épaule est suspendu dans le vide. Sa main gauche porte comme planté en-dessous sa poitrine un espèce de manche (je parierai d’une ventouse) selon la même inclinaison que sa tête et je dirais d’une verge en érection. En arrière plan, un homme torse nu d’une belle carrure est vu de dos, agenouillé, affairé à alimenter de sa main gauche la cheminée déjà flamboyante tandis que la droite levée s’accroche au rebord de son cadre. Le tout est baigné dans une lumière diffuse venant d’une fenêtre à gauche du tableau auprès de laquelle se trouve le rideau. Il y a une langueur, une sensualité, une atmosphère étrange, un sens équivoque dans cette peinture qui joue sur les contrastes entre les deux personnages mais qui est au service d’une troublante et ambigue allégorie illustrant très bien, je trouve, Lolita. Que dire du Lever, une grande toile montrant une fillette totalement nue sur son lit, la fente de son sexe bien à jour, portant sur une main un oiseau « mécanique » en vol sur lequel lorgne un chat gris (sortant d’une niche-valise posée sur le lit) au regard doré, magnétique, comme emprunté au dieu Pan ou au Minotaure ?

A coup sûr, ces toiles ne peuvent laisser froid. Le malaise ou le sentiment d’étrangeté qu’on peut éprouver devant des tableaux de Balthus est absent dans la Guimblette de Fragonard peinte au siècle du libertinage, un tableau pourtant osé mais devant lequel on se sent en familiarité : cette scène d’une fillette sur son lit allongée et à demi-nue tenant sur ses pieds levés un petit chien dont la queue pend entre ses fesses à l’air nous réjouit l’âme. On ne décèle aucun fond pervers ou inquiétant, mais une coquinerie pleine d’innocence, de vie et de fraîcheur (qui a pourtant fait scandale à son époque). Même chose pour la Jeune fille au repos (à plat ventre et toute nue sur son lit au drap blanc) de François Boucher son contemporain et aîné inspirateur. Quant au Nu dans un paysage (1922) de Dali qui représente une nymphette toute rougissante sur un lit par-dessus lequel chante un oiseau dans les branchages au bord de la mer illuminée de deux voiliers est de toutes celle qui me touche le plus, celle dont je me sens le plus proche.

Bien. Je crains avoir été si long dans ma digression plastique que vous en avez oublié ma « nature naturiste ».

 

59

 

Il y a peu de temps encore, dans les bains chauds de Saint Thomas que j’ai évoqué, je me baignais nu en compagnie d’autres personnes nues, mais aussi en maillot de bain. Un jour, un homme dans ce dernier appareil me fit comprendre par un signe de ne pas trop regarder une belle femme nue d’une peau blanche et fraîche. Franchement, ça m’a débecté. Ça me débecte toujours Quand on se met nu, je trouve bon d’assumer d’être regardé. Vous pensez bien que c’est mon cas ! Ceux qui ne l’assument pas, je vois la chose comme si ils voulait bien se mettre à l’aise et ne faire plaisir qu’à soi sans vouloir être valorisé par le regard d’autrui, comme si, aussi, ils ne s’aimaient pas en fait ou qu’elles entendaient Dieu leur dire : « Vous savez que vous êtes nu ? ». Alors que dans la nudité, que les formes nous plaisent ou non, on ne porte aucun jugement, on est profondément à égalité et que même, on trouve un corps « disgracieux » (selon nos critères et nos goûts personnels) plus beau que si on le voyait habillé, plus touchant. Ce que je voulais dire surtout, ce que je voulais même crier haut et fort, c’est que quand je regarde la nudité d’une femme ou d’un homme, j’admire l’œuvre du Créateur, de la Source, je l’admire comme j’admire la beauté d’un papillon ou d’une fleur. Le papillon ou la fleur comme tout ce qui est autour de nous est nu et ne nous dit pas « Eh ! arrête de me regarder ». Cette parole exprimée sans mot par des personnes nues est encore plus débectante. Ça me fait hérisser littéralement les poils du cul.

 

60

 

 

Eléonore, alors ! Que t’a t-elle dit de plus ?

Oh ! bien des choses. Que c’est long à tout rapporter. Je ne vous parle pas de décorticage !

Elle m’a dit… elle m’a dit…

Qu’aussi, c’était bon que je la protège et me protège. Que Zoé sentait et qu’elle se méfiait (mais alors je ne comprends pas qu’elle ait fait éloge de mon naturel, etc.). Quand ces derniers jours je lui ai fait la bise dans la voiture avant de sortir (Eléonore était dehors le temps d’une demie minute et il n’y avait que son frère comme témoin), elle s’en ai plainte après à elle (sa mère). Oui, elle avait bien pris des distances tout comme moi. Elle n’aime pas entendre son frère faire des éloges sur mon compte (mais elle aime en faire… pas trop quand même ! – elle n’est pas compliquée !). Rien que du très compréhensible et du très respectable. Eléonore m’a dit aussi que ça ne l’étonnerait pas que plus tard elle ai un compagnon qui me ressemble car je ne lui suis pas indifférent. Que pour moi, qui à ses yeux n’a rien d’un pervers, qui n’essaye pas de posséder, de piéger etc., la meilleure chose que je pouvais faire c’était de la prendre ou plutôt l’honorer comme Dame de mes pensées, à l’instar de Pétrarque et sa Laure…

Ah ! Zoé ! Zoé ! tu es dorénavant la Dame de mes pensées. Je me ferais pour toi, pour moi, dans l’incognito, la plus grande discrétion, troubadour comme jamais auparavant.

Oh ! je ne dis pas que je n’aimerais pas te prendre dans mes bras et même…

 

Ayant ma guitare sur moi , je chantai à Eléonore la chanson que j’avais composé le dimanche. On était, là, je le rappelle, mardi. Ah ! Zoé ! chère enfant de mon cœur, que ne m’as tu entendu ?

 

61

 

Rêve d’enfants

 

1 - Par de-là le temps innocents

Ils se sont reconnus en un instant

L’amour en apesanteur

Unique, éternelle Loi en cœur

 

L’âme dans le corps

Ils ont fait la joie du jour

Les oiseaux chantaient encore

Quand pour la première fois ils ont fait l’amour

 

Refrain :

 

Ce sont deux amoureux

Lui trente cinq, elle X ans

Ce n’est qu’un Rêve d’enfants

Réalisé dans la pureté de Dieu

 

Le temps d’une chanson

Laissez-moi rêver un peu

D’une peu commune union

Laissez-moi être amoureux

 

2 – Il était un gai luron

servant des refrains de chansons

un tendre troubadour

hardi en amour

 

Elle était une gaie luronne

Sylphide de génie bonne vivante

Nymphe délurée insouciante

D’un âge bête qui rayonne

(Refrain )

 

3 – Ils se respectaient comme ça

Lui ses X ans, elle ses 35

Du grand écart ne faisaient pas cas

Dans dix ans elle aura 23 lui 45

 

Après nos vingt ans

On a toujours 20 ans dans l’âme

On peut faire des enfants

Et raviver notre flamme

 

4 – Libres dans leurs chemins de vie

chacun accompli son destin

sereinement jusqu’à la fin :

un beau jour pour rire de la Vie

 

Par de-là le temps innocents

Ils se sont reconnus en un instant

L’amour en apesanteur

Unique, éternelle Loi en cœur

 

Refrains  finaux:

 

Ce sont deux amoureux

Lui trente cinq, elle X ans

Ce n’est qu’un Rêve d’enfants

Réalisé dans la pureté de Dieu

 

Le temps d’une chanson

Laissez-moi rêver un peu

D’une peu commune union

Laissez-moi être amoureux

O ma chère et tendre âmie

Si tu m’acceptais comme beau-fils

Dis-moi où serait le vice

Quand le bonheur éclaire la vie

 

Et toi petit écureuil

Dis-moi si j’ai la crotte à l’œil

Sinon apporte ces noisettes

Comme une fleur à ma fleurette

 

 

 

62

 

« Tu es vraiment un dauphin, Etienne », me dit Eléonore. C’est encore la seule parole exacte qui s’est gravé dans ma mémoire.

Mais il y a d’autres choses dont elle a parlé. Avant ou après la chanson ? Peu importe

Woody Allen, par exemple : il paraît qu’il a épouser sa fille adoptive qui a 20 ans moins qu’elle : il est bien entouré, célèbre et a un bon psy. Pour l’humour, c’est selon… mais apparemment ça l’aide à tenir le cap. Bref, sous-entendu, rien n’est impossible. Seulement laisser faire. La Vie sait ce dont j’ai besoin. Et là, mon travail est de m’aimer à travers l’autre partie de moi-même, ma Bien-Aimée intérieure que j’ai nommé Grâce en souvenir d’Anaïs qui m’a tant secoué (elle vous dira «  que j’ai tant collé », – les deux sont vrais.) et mon guide. 

 

63

 

Il y a un texte dont Eléonore n’a pas encore connaissance. Je l’avais aussi sur moi. Ça se voulait un poème !

 

64

 

 

Ah ! Zoé

Je t’ai vu et t’ai aimé. Tu es si belle.

Nos deux âmes étaient sans âge.

Pures dans la naissance de l’Amour

Quand tu as parlé de ton amour pour mon album Bobo le dauphin j’avais l’impression d’avoir la dauphine Zoé devant moi.

On s’est longtemps embrassé du regard, du bout de l’âme, nos visages empourprés, nos corps dansant un pied sur l’autre voulaient se rapprocher.

L’appel du baiser. Mais il y avait cette frontière impalpable et pourtant là, corporelle : moi 35, toi d’un âge qu’on ose pas dire : 13 ans.

J’ai pris peur. J’ai fui devant l’évidence d’une reconnaissance, d’un coup de foudre inexplicable, impossible à assumer, je pensais en homme mûr, sérieux, tandis que mon cœur d’enfant tremblait comme une feuille.

J’ai fui, pris des distances, d’autant plus qu’entre nous deux, il y avait ma très tendre et chère amie. Ta mère…

Je voulais te protéger et me protéger de ton charme. Il me semblait que ta mère était dans le coup. Combien de fois t’a t-elle interdit de me faire la bise parce que tu avais des poux ou bien avait la gastro ? Je ne lui en voulais pas. Il est étrange de penser qu’il puisse y avoir aussi en cause une rivalité mère-fille, mais dans le fond, c’est normal, humain. L’amour efface les rôles. Il me semble qu’il y avait de ça dans cette attitude. Oui, pas seulement de protéger sa petite fille du  « loup », aussi gentil soit-il. J’étais conscient aussi du jeu périlleux entre ton papounet et toi – en équilibre sur le fil du sang – jeu constructeur pour l’enfant, éducatif pour le père. Je me sentais responsable. Mon comportement distant, se voulant le moins froid ou le plus chaleureux possible en était la clé, la garantie. Et pourtant, que j’aurais préféré m’amuser, délirer avec toi. C’était trop dangereux. Tu me faisais trop penser à ma petite sœur. Avec elle, j’étais si naturel, contrairement avec toutes les filles, jusqu’au moment où j’en « tombais » amoureux. Elle n’avait que dix sept ans, tandis que moi 27. Et entre nous deux, combien ?

Tu vois comme c’est délicat. J’ai fait souffrir et tant souffert moi-même de cette histoire. Me comprends-tu ?

L’autre jour, quand ton père, que j’aime beaucoup, m’a aimablement invité à manger, je me suis retrouvé à côté de ton grand frère que j’aime beaucoup aussi, à sa droite. Toi tu étais à l’autre bout de la table, à sa droite. J’ai dit que j’étais gaucher et que j’avais de grandes ailes. On m’a alors proposé de changer de place. Je n’avais pas pensé que je me retrouverai à côté de toi, mon cœur. Mais j’ai refusé en disant tout en tapant sur l’épaule de ton frère : « ça va, on est grand, on gère ! ».

Tu vois si je ne suis pas consciencieux.

N’étais-ce pourtant pas un signe ? Un signe en écho avec ce que m’avait dit ta mère venant de toi, oui ce que tu avais dit de moi. Tu as parlé de mon naturel, ma spontanéité – tu as dis que j’étais comme un enfant. Rien ne pouvais plus me toucher, mon enfant adorée.

Aujourd’hui j’en suis là, après m’être torturé, m’être refusé à parler à ta mère, j’en suis là, deux heures avant le rendez-vous que je lui ai enfin donné.

J’ai en écrivant un texte hier enfin trouvé la bonne manière d’aborder la chose : en en riant.

 

________

 

Je suis amoureux d’une petite tomate. Une petite tomate rouge. Je suis moi une grosse tomate, rouge aussi. Mais plus rouge.

– Bah ! elle est bien verte celle-là !

 

65

 

Il faut bien reconnaître que ce n’est pas facile d’aimer de façon inconditionnelle, d’aimer sans rien attendre en retour.

J’aimerais tant qu’elle m’aime et qu’elle manifeste son amour envers moi. Si j’en crois ma Bien-Aimée, elle m’aime secrètement, « Oui, elle t’aime. Mais elle est encore très jeune. Il faut lui laisser le temps. » Il y a un paradoxe irréductible entre attendre et ne pas avoir, ou le moins d’attentes possibles comme me l’a suggéré une fois Eléonore vis à vis d’Anaïs. C’est la deuxième fois que je cite ce nom et c’est peut-être un signe pour que j’en parle davantage.

 

65 BIS

 

 

J’ai rencontré cette jeune fille aux yeux de biche dans un jardin public. Elle était en train de lire sur un banc tout en fumant. Je l’ai approché en lui demandant si elle n’aurait pas une cigarette. Elle m’en donna une et je vis qu’elle lisait Ecrits révolutionnaires d’Antonin Artaud. Un signe ! J’avais pratiquement tout lu de lui quelques années auparavant. Elle avait donc dix-neuf ans et s’appelait Anaïs, ce qui veut dire Grâce, je le découvris ensuite. Cette rencontre extraordinaire dans ma vie a eu lieu après une longue « saison en en enfer » suite à ce qui s’était passé avec ma sœur et ma famille, suite à ma « sale histoire » comme je l’appelais. Le coup de Grâce était là devant moi, avec sa petite voix, son zozotement, ses petits acquiescements qui venaient du fond de la gorge comme un pépiement d’oiseau, ses lèvres pulpeuses, son large sourire d’ange qui lui faisait la plus délicieuse banane que j’ai vu sous les plus beaux yeux du monde qui se plissaient et lui donnaient un air ineffable de labrador. Et un cœur en or qui avait beaucoup traîné dans la boue. Un contraste s’affichait entre un côté ultra fragile, une grâce de Vénus et un côté « garçon manqué » avec un courage une volonté de fer et de faire, enfin un corps assez martial qui dans ses actes se manifestaient – le mot ne peut être plus juste – dans son action militante. Elle était communiste. Elle avait héritée de cette profession de foi d’une de ses grand-mère. Un autre trait moral qui contrastait avec son aspect rebelle se trouvait dans son milieu d’origine : elle était issue d’un milieu aisé – ce qui explique qu’elle ait voyagé avec ses parents depuis toute petite – plus proche de la bourgeoisie que du prolétariat qu’elle défendait, ce qui explicite de manière on ne peut plus sensible ce qu’elle me dit un jour dans un bus : « Je suis à la fois soumise et rebelle ». Une personne ultra complexe qui d’après un devoir de philo qu’elle m’avait fait lire croyait à la pensée existentialiste de Jean-Paul Sartre : L’Existence précède l’Essence. Mais je me suis avancé dans le temps. En fait, en ce jour de juillet où nous sommes rencontré, je l’ai invité à prendre un thé chez moi, en centre ville. Elle a étonnement accepté, signe d’une grande confiance. Je lui ai montré mes photos de mon voyage en Grèce dans cet appartement aménagé dans un ancien grenier où il y a quelque temps j’avais lu ma lettre scandaleuse devant ma sœur que j’avais invité. J’aurais pu profiter de la situation, je crois que se serait laissé faire. Je ne l’ai pas fait. Je ne pouvais tout simplement pas. Comme si je sentais qu’elle avait été violé toute petite. Je voyais trop son complexe… Je voulais la protéger. Prendre soin de la petite fille blessée en elle. Cette bonne intention a vite fait faux bond le jour où j’en suis – là je peux dire plus qu’avec ma sœur – littéralement tombé amoureux, ce qui s’appelle tombé . C’était deux mois après notre rencontre. On ne s’était plus revu depuis. Comme par hasard, je devais la revoir à la fac où j’allais « faire mes classes » en auditeur libre. On se voyait souvent dans la cour où la cafétéria après ses cours, surtout entre midi et deux. On se tapait une petite causette et, chose appréciable, unique entre toutes, j’avais une lectrice devant moi : on pouvait lire l’un en présence de l’autre et entrecouper cette lecture de commentaires, de réflexions ou de brèves paroles. On s’appréciait mutuellement. Nos corps subtils étaient en accord.

Mais du jour où j’ai possédé un téléphone portable, les choses ont pris une autre tournure. Après un concert que j’avais été voir avec un ami, je l’avais appelé. Je ne sais plus ce que je lui ai dit mais ce n’était pas anodin. Il avait suffit qu’elle m’écrive un jour par SMS : « je t’embrasse » pour que j’interprète la chose (Eléonore doit en rire). Une fois, c’était en février, elle m’a invité à aller à une fête organisée par la Force Ouvrière : elle m’avait envoyé un message par la suite pour me dire qu’il y allait avoir de bon groupes de musique (pour moi, cela voulais dire : « viens ! »). Le jour J vint. Un samedi. Un film militantiste, ton bien prosélytiste fut passé. Il y eut un débat après où je levai le doigt pour évoquer le problème tibétain. Allez savoir comment ! Je voulais faire impression. C’était gagné il me semble. L’un parle des patates, l’autre se met à parler du basket ! Bref, on voit que j’étais tout à fait à ma place… Heureusement, la suite fut plus intéressante. L’heure du repas…On mit, elle et moi la table ensemble en sifflotant. Le repas était servi entre autres par Anaïs. Si je rapporte ces détails, c’est que là, en l’occurrence, je reconnaissais une qualité que je retrouve en moi-même : la serviabilité (comme mon père !). J’avoue que j’aurais préféré qu’on mange aussi ensemble, mais se voir appeler pour une fois « Etienne » par elle, cela tenait du miracle ! Lorsque je l’ai vu, après que j’eus fini de manger, se restaurer entouré de militants dont un qui avait fait un topo à la fac sur le communisme, j’eus très envie d’aller lui tenir compagnie, car vue de loin, elle faisait bien esseulée.

Mais n’est-ce pas un peu longuet tout ça ? Je vais mettre le frein et résumer, sinon vous y êtes encore demain !

Finalement, ce soir là, malgré les faits positifs que j’ai rapporté a fini par des larmes d’Anaïs. Elle me reprocha de l’avoir sans cesse collé. C’est vrai que je la suivais partout. Mais la claque que je pris, je m’y attendais pas du tout parce que je voyais des signes partout. Par exemple, lors du concert, je l’avais invité maintes et maintes fois à danser, mais elle refusais à chaque fois, préférant rester avec son ami d’enfance. J’en avais tellement mare de ses refus à la fin que je suis parti sur les chapeaux de roue. En route, je me suis aperçu que j’avais oublié mon sac au vestiaire. J’y retournais donc et là, attiré par la foule en délire, je me rapproche et je vois une danse bretonne endiablée, et dans la danse une fille qui ne m’était pas inconnue et qui m’offrit le plus beau spectacle que je pouvais voir, contre toute attente. Quel bonheur son bonheur me donnait, la petite garce ! C’était le miracle du soir !

Je ne vous raconte pas tout. Mais vous pouvez devinez quelle étape importante ce fut dans notre amitié, car c’était bien ce qu’elle voulait qu’on soit : des amis.

Et dire que dans les premiers jours de la rentrée une amie à Anaïs avait glissé des sous-entendus en sachant qu’on voulait aller ensemble à l’esplanade de l’étang juste derrière la fac : une vue magnifique faisant penser à un paysage canadien. Là, debout parmi rochers, genêts et bruyère, nous nous mîmes en contemplation silencieuse. Je lui parlai bientôt d’un poète écologiste américain, Gary Snyder. Enfin, elle s’étendit sur l’herbe. C’était comme une invite à mes yeux, mais je n’osais pas. Je m’assis juste à côté d’elle, hésitant, et au moment où je commençais à m’étendre, elle se releva. Le ciel d’un bleu magnifique et les couleurs automnales enchantaient la vue. Mais elle en plus, c’était un autre paysage que je ne revis jamais plus, même le jour aussi ensoleillé où j’écrivais un poème d’amour sous influence snyderienne.

Après ce bond en arrière, je vais en faire un en avant par rapport au « bal communiste ».

Il est essentiel puisque c’est de ce jour que je peux déclarer être tombé amoureux, même si la petite amie de mon petit frère âgée de 20 ans de plus que lui me disait « amoureux ».

Ah ! ça vaudrait le coup de rattacher ici un texte faisant cas d’une synchronicité assez hallucinante (ce jour où, par un regard « synchro », je l’ai Reconnu…).

Si l’éditeur y tient, j’insérerai cette longue page qui mérite quelques petites retouches d’expression vraiment maladroite (j’essaye d’être le plus adroit possible dans ma maladresse naturelle…).

Bref, ce jour fatal, j’ai demandé à ma petite Anaïs si elle voulait bien me rendre un service. « ça dépend lequel » (j’aurais dû m’en douter). Je lui expliquai que je n’avais plus de gaz chez moi et que n’ayant pas de voiture – elle si – c’était long et lourd à transporter. Ce que je ne lui ai pas dit, c’est que ma mère, comme d’habitude devait le faire. Lorsqu’elle accepta, je téléphonai à ma mère pour lui dire que ce n’était plus la peine, que quelqu’un se proposait pour l’affaire… Le trajet fut ensoleillé par nos chants. La besogne fut faite… Ah oui ! Je n’ai pas dit : j’ai par le même coup annoncé au groupe de théâtre étudiant que je ne pouvais pas venir pour le rendez-vous convenu. Finalement, je proposai à Anaïs de prendre un thé. « Je n’ai pas le temps, merci.» Je rentrais chez moi, me mis à avoir du remord pour mes petits mensonges. Je me mis bel et bien à pleurer pendant trois heures comme un enfant, comme je n’avais jamais pleuré, avec un sentiment ou plutôt une sensation de manque physique très douloureux, comme si on m’avait arraché à ma mère. Non, je ne hurlais pas. C’était plus proche du « oin-oin » si vous voyez ce que je veux dire. J’en étais si troublé, comme si ça n’allait jamais s’arrêter et que j’allais m’en étouffer tandis que la morve se mêlait au flot de larmes sur mon oreiller, que je fis appel à un ami qui me rassura et me fit comprendre quand même que j’étais assez grand pour arrêter la situation. Le pire, c’est que c’était vrai, terriblement vrai. La même séance eu lieu pendant au moins 4 jours : rebelotte, rebelotte, rebelotte. Et tout en pleurant j’étais très conscient, j’en avais rien à foutre des voisins qui à mon grand étonnement ne me dérangèrent aucunement, je pouvais m’observer. Je m’entraînais au pleur pour former une véritable litanie, dressant un mur de Lamentation autour de moi. C’était irrépressible physiquement (plus tu tousses, plus tu tousses…), mais par un seul acte de volonté je pouvais cesser. Un voisin aurait frappé à la porte, mon pleur aurait stoppé net. Ça peut paraître contradictoire . En fait, j’étais comme un bébé qui fait son caprice pour rappeler à lui sa maman parce qu’il n’a pas envie de dormir. Mais peut-être que les bébés jusqu’à un certain âge ont besoin de dormir contre leur mère… J’ai revécu un manque maternel, ça c’est évident. En plus avec une naissance comme la mienne : par césarienne (tiens ! ma mère a appelé son âne César…), prématurée avec jaunisse, mise sous bulle pendant deux semaines. Enfin, ça c’est réglé, j’ai refais ma naissance. Bon, je n’aurais jamais goûté au lait de maman, mais c’est bon, je tiens le choc : je bois beaucoup de lait de vache sous toutes les formes et j’adore le fromage de chèvre !

Ma mère aussi. Sauf que moi j’aime pas le camembert. Merci maman de m’avoir donné une tête : j’ai oublié de dire que tu étais très, très possessive… (mais il y a pire, je te rassure) ce qui explique bien des choses. Et si je racontais là l’enfance de ma mère, vous comprendrez qu’elle n’a pas eu le choix. Seulement, merci la Vie, il m’a été donné de vivre la possessivité grâce à Anaïs… puis d’apprendre à l’accepter et à la dépasser par un travail sur moi avec ton concours précieux, Eléonore.

Tant pis si la belle aux yeux de biche couleur noisette ne me pardonne jamais de m’être installé dans son village natal en croyant obéir à un signe. Je lui ai demandé pardon et ai à présent de la compassion face à sa peur : parce que bien que je l’ai harcelé je n’étais pas responsable de toutes les peurs qui se trouvaient en elle, et de ses souffrances intérieures qu’elle fuyait par le militantisme agissant sur l’extérieur… Et pour le « signe », qu’il en déplaise, il était réel : la preuve est qu’au lieu où j’habite entouré de nature, d’eau et d’oiseaux j’ai rencontré un voisin mystique qui m’a rendu service malgré les apparences, j’ai rencontré Line, ma première aventure amoureuse…, j’ai rencontré des bénévoles de la Bibliothèque où je me suis très bien intégré en tant que conteur, j’ai enfin rencontré toi, Eléonore – j’ai l’incroyable à mes pieds ou dans mes mains, c’est selon, mais incroyable.

C’est incroyable aussi que ce chapitre soit le plus long jusqu’à présent. Heureusement qu’il ne s’y trouve pas la double page que je proposais d’insérer !

 

66

 

 

Zoé : la chérir comme Miroir de Grâce ma Bien-Aimée intérieure

La Dame de mes pensées : Zoé.

 

 

67

 

Zoé, Zoé, Zoé, Zoé, Zoé, Zoé, Zoé, Zoé, Zoé Zoé Zoé Zoé Zoé. Z…

Un nom grec qui veut dire « Vie »

(c’est drôle, j’ai tapé d’abord « Vit »! – oui, elle est vitale ! )

 

68

 

J’ai l’impression de ne plus être maître du jeu. J’ai cru être Ariane, mais en fait Ariane c’est Dieu, la Source de mon inspiration. Moi je suis Thésée qui a pris le fil et qui vous tire avec moi vers l’inconnu dans ce labyrinthe au milieu duquel se trouve le Minotaure ou les dragons…. Je me rends compte que je vous ai trompé en me trompant. Ne criez pas, le fil est là, mais ce n’est pas moi qui le tiens. J’ai pourtant donné une analyse que j’ai extrait de mon ouvrage et dans cette analyse les choses étaient expliqué on ne peut plus clairement dès le deuxième chapitre. Vous pouvez rebrousser chemin, il n’est pas trop tard : il vous suffit pour cela de fermer le livre. Non pas besoin de lire à l’envers. Quoi que ça pourrait être intéressant.

 

69

 

Je n’ai pas l’humeur à l’humour. Que j’aie du monde à mes côtés ou non ne change rien pour moi. J’ai usé d’artifices tout pendant que j’étais à la périphérie du centre du labyrinthe. A présent, j’y suis au centre. Au centre de ma terre…Mère ! Non, ce n’est même pas la peine d’appeler maman. Je dois être seul avec moi-même. Oh ! mon guide, ma Bien-Aimée, de grâce, aide-moi. Je suis perdu. C’est noir, visqueux, je me ramasse par terre dans de la bave de dragons. Il y a juste des torches devant chaque porte. Je reconnais chacune d’elle par une question qui a sa propre couleur, et sa propre torture. Un dragon devant chacune d’elle m’intimide. Ma gorge nouée comme un serpent autour de sa proie me fait mal. J’étouffe.

Je vois en kaléidoscope ma propre vie, et tout ce que j’ai écrit depuis que j’écris, depuis que je suis monde se mélange dans ma tête. Ha ! Jéhovah ! J’ai envie de couper sa tête. Combien d’autres tomberaient sous ma colère ? Au secours ! je sombre ! Satan veux m’épouser ! Non ! Attendez…

 

Les clés…

Première clé… chapitre 2 !

 

Première clé : le fil d’ariane. ARIANE : MYTH. GR.. Fille de Minos et de Pasiphaé. Elle donna à Thésée, venu de Crète pour combattre le Minotaure, le fil à l’aide duquel il put sortir du labyrinthe après avoir tué le monstre. Thésée l’enleva, puis l’abandonna dans l’île de Naxos.

Fil d’Ariane ou fil conducteur : moyen par le quel on arrive sans se perdre à un résultat.

 

Je le tiens, le fil. Ariane… Dieu, aide-moi ! Deuxième clé… deuxième clé…

Deuxième clé : Je vends la bête. Un bête-seller. The best of the Beast.

 

Qu’est-ce que ça veut dire, merde ! c’est un jeu de mots, mais un jeu sérieux : la bête…. E comme Enfant…

Mais c’est aussi un jeu de maux. Oui, on a bien dit sérieux.

E comme « Equilibre ».

 

La troisième clé maintenant…

Chapitre 40 !

Troisième clé : « chien » ne veut pas dire « chien méchant ». Cynisme (gr.Kunos, chien), mais pas méchanceté.

 

Oui, je le promets, il n’y aura pas de têtes coupées. Seulement des coupes tétées !

E comme « Equilibre ». E comme « Encore »!

 

Il doit y avoir encore un sens derrière les nombres : 2, 20, 40

2+ 2X10 + 2x20

 

Une attention multipliée. Une conscience multipliée, une divinité androgyne intégrée…

 

  • Sois bon avec toi…

  • Quoi ? Eléonore ?

  • Non, moi, Grâce, ta Bien-Aimée. Sois-bon avec toi. Je suis bonne avec toi. Et si tu n’es pas bon avec toi, alors je souffre, ta divinité souffre. Si tu m’aimes comme je t’aime et te laisse guider par moi, tu ne ressortiras que Lumière de l’Ombre. Aie confiance et bon courage.

  • C’est la quatrième clé ?

  • Oui. Une que ta chère Eléonore a honoré et qu’elle t’as donc soufflé. Mais là, c’est Moi ton canal. C’est moi qui te souffle l’Esprit directement en toi. Je suis ton Ame.

  • Oh ! Je sais que tu as toujours été en moi et avec moi, j’en étais juste inconscient…Merci mon Ame, Grâce, ma Bien-Aimée, mon guide, ma luciole… je t’aime.

  • Moi aussi, mon amour, comme je t’aime Etienne ! Je ne t’ai jamais quitté et ne te quitterai jamais quoi que tu décides.

 

Quatrième clé: « Sois bon avec toi ». Donc faut que je sois bon avec moi, ou comme dirais ma mère suivant un livre : « Il ne faut pas dire il faut, mais il serait bon… » Il serait bon que je sois bon avec moi. C’est rébarbatif. Et bien paradoxal ce « Il ne faut pas dire il faut… Non, il faut ! C’est impératif, ma Bien-Aimée, aussi bonne qu’elle soit, est impérative. Elle ne lésine pas sur les mots. Au fait, c’est dans quel chapitre ?

33 ! l’Age du Christ ! L’accomplissement du Christ, du Cristal en moi. 4 clés… 4 directions : la croix ! l’Arbre de vie ! l’UNITE ! Et le troisième des quatre symboles fondamentaux : le centre, le cercle, le carré. LA TOTALITE !

Et quel meilleur symbole pour m’orienter…

E comme « Exploiter ».

 

Allez, pour humaniser le tout, une cinquième clé, en marge, comme le cinquième doigt de la main ?

 

On ne force pas les choses, elles partent comme elles écloses.

 

Ah ça c’est vrai ! Je n’ai rien forcé, tout me tombe dessus. Il faut donc que j’endosse le casque de la chanson des Têtes Raides ?

Chouette ! Enfin un peu d’humour, de légèreté, de… – Hou-là ! Du calme, du calme, faut pas t’emballer, c’est un jeu… mais sérieux. Concentration.

Bah oui, C comme « Concentration ». C comme « Comme » !

 

Et là je suis où ? 69…

Un 6 tête en haut qui embrasse un 6 tête en bas…ou un 9 tête en bas qui embrasse un 9 tête en haut.

Thot ! Hermès Trismégiste ! Le même enseignement : Le haut est comme ce qui est en bas et le bas comme ce qui est en haut.

 

Me voilà équipé pour affronter mes dragons…

« La Grande Tradition ne s’occupe que des grandes fêtes ! » (pensée venue en rêve hier matin avant le réveil)

 

Par la force de la Vie et par et pour l’Amour de ma Bien-Aimée, j’y arriverai.

 

E comme ENFANT… E comme EROS…

 

Zoé…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Témoignage d'un ex témoin de Jéhovah (de 0 à 22 ans) autiste Asperger devenu artiste
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